06 décembre 2007

My Blueberry Nights

Certains apparemment font la fine bouche devant le dernier opus de Wong Kar-Wai.
Ce n'est pas mon cas et sans bouder mon plaisir, je me suis régalée comme on se régale d'une sucrerie un peu régressive.

D'abord il y a non pas une, mais trois histoires d'amour, qui finissent plutôt mal, il est vrai, mais on découvre grâce au cinéaste qu'une grosse part de tarte à la myrtille console plus sûrement d'un chagrin d'amour que l'alcool ou le jeu.

Ensuite le film est construit comme un road-movie qui mène le personnage principal de New York à Memphis (Tenesse), puis de Memphis à Las Vegas car il s'agit de mettre le maximum de kilomètres entre elle et celui qui l'a quittée. Mais, c'est un road-movie nocture et urbain car, à quelques exceptions près, il n'y ni vastes paysages, ni ciels immenses, ni même de couchers de soleil holywoodien : l'Amérique de Wong Kar-Wai est celle des bars et des caféterias où chacun tente d'oublier sa solitude. La caméra filme les êtres au plus près, souvent en gros plans, voire en très gros plans mais ils sont toujours vus à travers une vitre, un reflet, l'éclat d'un néon qui colore la scène d'une lumière artificielle.



Oui, Wong Kar Wai compose ses images comme des tableaux et l'on pense plus d'une fois à Edward Hopper,


mais pourquoi lui reprocher cette préoccupation esthétique. Le cinéma n'est il pas avant tout un art visuel ?

En fin de compte ce que j'ai surtout aimé dans ce film, c'est peut-être tout simplement le regard que Wong Kar-Wai pose sur l'Amérique, un regard sans complaisance, mais plein de tendresse et sans doute de nostalgie. Car la réalité n'efface pas le mythe, elle se superpose seulement aux images si longtemps fantasmées. Il est très difficile parfois de renoncer à ses rêves.

http://www.myblueberrynights-lefilm.com/

03 décembre 2007

Giovanni Pico della Mirandola

Ce mois-ci, pas de retard ! Parce que je veux te parler d'un personnage qui me fascine depuis longtemps : Giovanni Pico della Mirandola !
- En voilà un nom qui claque !
- N'est-ce pas ? Mais tu verras, le type qui le portait était quelqu'un de tout à fait étonnant.
Un Italien, à l'époque où l'Italie n'existait pas encore, où l'on était plutôt de Toscane, d'Ombrie ou, comme lui, d'Emilie-Romagne. Un joli garçon apparemment, enfin selon les critères de l'époque parce que sur cette image, je lui trouve l'air plutôt molasson.
Je préfère de loin le portrait ci-dessous où il est représenté à la fois dans son temps et dans ses activités préférées, la lecture et la réflexion. Je lui trouve même le regard ... ardent !

- Ardent ? Si tu veux, mais c'est surtout le biais que tu as trouvé pour me parler de son ardeur au travail, non ?
- En effet : Pic de la Mirandole, comme la plupart des intellectuels de son époque, brûlait d'apprendre, de comprendre; il voulait tout savoir, tout connaître ...
- Son époque ? C'est la deuxième fois que tu dis "son" époque. Tu peux préciser ?
- Fin du Moyen-Âge ou si tu préfères, début de la Renaissance. Pic de la Mirandole est né en 1463, soit 10 ans après la chute de Constantinople, une des dates les plus importantes de l'histoire de la civilisation occidentale. Lorsque Constantinople, dernier bastion de l'Empire chrétien d'Orient, tombe aux mains des Turcs, les savants, les artistes fuient dans la seule direction possible, l'Ouest et se réfugient, avec armes et bagages, en Italie. Or tu sais bien que les seules armes des intellectuels, ce sont les livres. Les Italiens d'abord, puis les Français, les Espagnols et pour finir toute l'Europe s'empare de cette manne précieuse, redécouvre des textes anciens, des auteurs passablement oubliés et c'est ainsi que renaît la culture antique, ferment indispensable du renouveau intellectuel qui marque les XVe et XVIe siècles. Mais pour le moment, revenons à Giovanni, un des plus beaux fleurons de cette Renaissance.
- Dis-donc, tu sembles bien l'aimer ton Giovanni.
- J'avoue que ce type m'épate. Essaye d'imaginer : un jeune homme de 22 ans, qui connaît le latin, le grec, l'arabe, l'hébreux et sans doute l'araméen, qui a commencé à étudier le droit canonique à Bologne puis y a renoncé au profit de la philosophie tendance Aristote, qu'il étudie à Padoue avant de se rendre à Paris. De retour en Italie, il s'installe à Florence où le très magnifique Laurent de Médicis s'est fait le protecteur des arts et des lettres. Une vingtaine d'années pas plus et déjà l'envie d'en découdre avec le monde entier.
- Une grosse tête quoi !
- Oui, mais pas seulement. Un jeune homme plein de fougue et d'audace qui a entrepris de rédiger quelques 900 propositions pour les soumettre à discussion. Pour accompagner ces propositions il rédige un texte qu'il intitule De la dignité de l'homme et c'est de ce petit texte dont je veux te parler. Voici déjà l'incipit :







Très vénérables Pères, j'ai lu dans les écrits des Arabes que le Sarrasin Abdallah, comme on lui demandait quel spectacle lui paraissait le plus digne d'admiration sur cette sorte de scène qu'est le monde, répondit qu'il n'y avait à ses yeux rien de plus admirable que l'homme. Pareille opinion est en plein accord avec l'exclamation de Mercure: «O Asclepius, c'est une grande merveille que l'être humain».


et tu trouveras la suite sur

Il y a dans ce court et nénamoins très précieux texte l'essence même de l'humanisme, ce mouvement de pensée qui fait de l'homme une valeur suprême et non une petite chose insignifiante, un moins que rien, une vermine - un ciron dira Pascal -. Pic de la Mirandole, du haut de ses 22 ans, affirme haut et fort que l'homme n'a de valeur que dans la mesure où il se construit lui-même. Cela n'a l'air de rien, mais c'est refuser, dans une seule proposition, toute sorte de déterminisme, divin en particulier, mais aussi bien physique ou social pour peu qu'on élargisse le propos de ce Giovanni. "Sculpteur de toi-même". C'est la phrase clef, quasi une injonction. J'aime bien aussi l'image de l'échelle. Pas superconfortable comme position, je reconnais et c'est sans doute plus facile de descendre que de monter. Mettons que l'essentiel est de ne pas lâcher prise. ... Mais ça fait un bout de temps que tu ne dis plus rien....
- Ben non ! Je suis subjugué ! Et tout ça, c'est dans les livres des arabes qu'il l'a lu ?
- Faut croire !
- Ah! non, pas "croire" : "savoir"
- Et bien, tout ce que je sais, moi qui ne parle ni l'arabe, ni l'hébreu ni l'araméen (ni même le grec !) c'est que le projet de Pic de la Mirandole de réunir autour de lui tous les érudits d'Europe pour discuter de ses propositions n'a pas plu du tout au pape. Accusé d'hérésie, et par conséquent menacé de finir sur un bûcher comme quelques autres avant et après lui, Pic s'enfuit vers la France où ... il est arrêté et emprisonné.
- Collusion du pouvoir et de l'Eglise, bien entendu. Et alors ?
- Alors ? Laurent de Médicis intervient et le jeune audacieux est autorisé à revenir à Florence, sous la protection - ou la surveillance ? du prince - mécène. On est en 1488; il lui reste 6 ans à vivre avant de mourir dans des conditions bizarres, mais je n'en sais pas plus.
- Il est mort à ... 31 ans ?
- Oui.
- Une étoile filante ton Giovanni.
- Mais quel éclat !

DE LA DIGINITÉ DE L'HOMME est publié aux éditions de l'Eclat, en VO c'est à dire en latin, traduction et présentation par Yves Hersant.

01 décembre 2007

John Singer Sargent

Etranges rapprochements...

Alors que je classais de vieux dossiers, je tombe sur cette reproduction du tableau de John Singer Sargent qui m'avait tellement bouleversée lorsque je l'ai découvert au terme d'une grande exposition rétrospective dans un musée de Washington. C'était je crois en 1999.

Elle est intitulée Gassed et fait référence à ce que John Singer Sargent a pu voir lorsqu'il a été envoyé comme peintre de guerre du côté d'Arras en 1918.
Elle est immense : plus de 6 mètre sur 2,5 de haut !
Vue dans ses proportions réelles, l'image est proprement sidérante.


Sans beaucoup chercher je suis tombée sur une photo qui aurait pu inspirer le peintre



En continuant ma recherche, j'ai aussi trouvé ce portrait de groupe, plus dans la manière habituelle de John Singer Sargent qui était avant tout portraitiste et peintre mondain.

http://www.jssgallery.org/Paintings/10089.htm#18Allenby

Et j'avoue que j'aime tout particulièrement la possibilité de recadrage qui permet de mettre en valeur les bottes si bien cirées.


Mais qui finiront quand même dans la boue.
A moins que ce ne soient pas les mêmes qui ...

Et puisque je suis dans les associations d'images belliqueuses, en voici deux autres autres qui me viennent à l'esprit; elles sont, cette fois, empruntées à la littérature.

Je me souviens du petit colonel de Céline, dans la première partie de son Voyage au bout de la nuit.
Et je me souviens surtout du chapitre que Malraux a consacré aux premiers essais de gaz de la guerre de 14 dans Les Noyers d'Altenburg, ce méchant roman, que l'écrivain lui-même avait conscience d'avoir raté puiqu'il ne l'a jamais achevé. Malgré tous ses défauts, ce roman reste mon préféré.

30 novembre 2007

Boîte à images

Attention, risque d'addiction !

Si vous allez sur http://laboiteaimages.hautetfort.com/ vous risquez d'y revenir, encore et encore, et très vite de ne pas pouvoir vous en passer car l'auteur de ce blog tient un rythme effréné : un billet par jour. Et chaque billet est passionnant. Et les commentaires, parfois tout autant !

L'auteur de ce blog ?
Il s'appelle Alain Korkos. Il est auteur, illustrateur, conférencier, animateur. Touche à tout pictural en quelque sorte. Et surtout, surtout, passionné d'images ! Images de toutes sortes qu'il décrypte avec finesse, intelligence et humour.

Que vous soyez expert en histoire de l'art ou tout à fait ignare en la matière, vous trouverez sur ce site de quoi vous surprendre, vous intéresser, vous amuser, vous instruire. Et pour en savoir plus sur le bonhomme lui-même : http://plumesetpinceaux.hautetfort.com/about.html

26 novembre 2007

Chroniques birmanes


Je viens de terminer les Chroniques birmanes de Guy Delisle. Je les ai lues d'une traite tant elles m'ont passionnée.
Mais, une fois n'est pas coutume, je laisse à d'autres le soin de vous convaincre de découvrir au plus vite, si vous ne les connaissez pas encore, le regard affuté et la plume déliée de Deslile.

www.petit-bulletin.fr/grenoble/articles-2007/639/639actuenc4-Guy-Delisle.php?numpbg=639%20-%20Mer%2021.11%20%3E%20Mer%2028.11.07

Pour ma part, je vais aller faire un tour sur les sites des voyagistes .... et puis j'ai repéré quelques romans récents ... tout ce qu'il faut pour raviver mon envie de partir !

23 novembre 2007

"La seule réponse à la bêtise, là et ailleurs, n'est pas de proclamer qu'on est contre, [...] c'est de construire patiemment, modestement, des îlots d'intelligence où aborderont ceux qui ont en vie de chercher."
Chris Marker

20 novembre 2007

Deux bons films américains

De bons films, il y en a eu pas mal depuis quelques temps !
J'ai déjà dit tout le bien que je pense du Dernier voyage du juge Feng et du Mariage de Tuya.

Mais il y a aussi :
7h58 ce matin là de Sydnet Lumet
Dans la vallée d'Elah de Paul Haggis
American Gangster de Ridley Scott

De tous ces films il a été beaucoup parlé dans la presse. Alors pourquoi ajouter mon grain de sel ?
Parce que je trouve dans ces films ce que je cherche aussi bien dans les livres : une histoire, si possible bien racontée, qui me permet de "vivre" par procuration des situations que je suis bien contente de ne pas vivre dans la réalité, qui me permet de m'immerger, le temps d'un film ou d'un livre dans des milieux à mille lieues de mon propre milieu, qui me permet de découvrir ce que je ne connais pas, de réfléchir, de me poser des questions, de m'interroger, de remettre en question ce que je croyais savoir.
C'est beaucoup demander ? Sans doute mais sinon, à quoi bon ?

Les quatre films que j'ai cités sont des films d'action qui répondent parfaitement aux lois du genre, violence comprise. Mais ils ont tous ce petit quelque chose en plus qui fait la différence entre un film juste divertissant et un bon film. L'intrigue est suffisamment complexe pour tenir l'esprit occupé pendant tout le film et lorsqu' arrive le dénouement il ne reste qu'à se repasser dans la tête le film depuis le début pour s'apercevoir que chaque scène a trouvé sa place dans le puzzle. Ce qui est intellectuellement jubilatoire.
7h58 ce matin-là est monté comme une tragédie grecque : un inexorable "fatum" semble peser sur les personnages et les contraindre à choisir toujours la plus mauvaise solution jusqu'à la tragédie finale.
American gangster est une relecture du mythe américain : la réussite du self-made man noir est en effet une revanche prise sur une enfance miséreuse, mais "le héros" a choisi la voie du mal pour réussir. Cependant le spectateur ne peut s'empêcher de se demander où est vraiment le mal dans l'Amérique raciste des années 60 qui s'est de surcroît lancée dans une guerre injuste. A chacun de faire les rapprochements qui lui conviennent entre hier et aujourd'hui.
Dans la vallée d'Ellah met en scène un autre archétype américain : un père, ancien du Vietnam, enquête sur la disparition de son fils récemment rentré d'Irak. L'enquête est difficile mais surtout douloureuse pour cet homme - militariste, nationaliste, raciste, persuadé de savoir sans hésiter où est le bien où est le mal - dont toutes les certitudes basculent peu à peu et avec les siennes, celles de l'Amérique.

Trois films pour prouver qu'action et réflexion ne sont pas totalement incompatibles.
Trois films assez modestes pour mettre leur caméra au service du scénario et non le contraire. Ce qui n'est pas le cas du film de Gus Van Sant, Paranoïd park et c'est dommage. L'image ne cesse de bouger, glisser, onduler, sans doute pour mieux suggérer la fluidité d'un monde où le réel n'a pas de prise; mais les mouvements incessants de caméra, les contreplongées, les virevoltes, les effets de suspension sont trop ostentatoires pour ne pas lasser. La complaisance formelle dessert le propos du film plus qu'elle ne le souligne.

Voilà pourquoi, en fin de compte, j'ai préféré les films de Ridley Scott, Paul Haggis et Sydney
Lumet à celui de Gus Van Sant.

19 novembre 2007

Biennale de Clermont

Il faisait très froid dimanche matin : - 8° (Celsius)
Mais depuis la fenêtre, la vue était très belle : le vieux village, une église et au loin, sur la colline, cet arbre tout seul.

Et la chambre était ravissante.
Couleurs acidulées, quelques meubles simples.
Sur les murs, deux photos de Bernard Jaubert, un photographe d'Issoire.








La maison qui offre une aussi jolie chambre avec vue + un petit déjeuner plantureux s'appelle La Vigie. Elle est située à Chadeleuf, à une trentaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand.

Clermont-Ferrand en effet était notre destination initiale puisque s'y tenait la 8ème Biennale du Carnet de voyage. Aquarelles, dessins, collages, toutes les techniques sont utilisée pour essayer de traduire une impression et d'en garder la trace.

Parmi les carnets qui m'ont particulièrement intéressée, il y en avait trois, mais cela ne surprendra personne sur ... la Chine : les aquarelles très subtiles de Marie-Madeleine Flambard , les pages pleines de vie et de couleurs de Nicolas Jolivot, et le dessin façon bande dessinée de Bruno Pilorget; mais j'ai aimé aussi les photos aux couleurs très saturées d' Edith Caleau (Inde), et les collages de Gwenaelle Trolez. (Afrique de L'Ouest) ou de Nathalie Doutreleau dite Thézame (Inde). Autant de noms à retrouver éventuellement sur le net, quand j'aurai le temps....

Roland et Sabrina Michaud, dont j'ai déjà parlé à deux reprises dans des précédents billets, étaient à Clermont pour présenter quelques photos extraites de leur dernier ouvrage.
Les photos étaient, bien entendu, superbes et les commentaires à la hauteur : simples, sans prétention mais pleins d'humanité. Roland et Sabrina préparent un nouveau livre sur la Chine, que j'attends avec énormément d'impatience. Sortira-t-il pour Noël ?

En attendant je peux toujours essayer de me procurer leurs précédents livres : Caravanes de Tartarie par exemple ou bien








De quoi rêver en attendant le prochain livre ... ou le prochain voyage


Sur le chemin de retour, nous nous sommes arrêtés au Musée d'Art Moderne de Saint Etienne qui fêtera bientôt ses vingt ans ! Entre collection permanente et expositions temporaires il y a toujours quelque chose à découvrir dans ce musée mais le Restaurant du musée à lui seul vaut bien le détour : accueil aimable, service diligent, cuisine raffinée. Un régal pour clore une "fin de semaine" particulièrement réussie.

Et voici tous les liens nécessaires pour aller plus loin, si vous en avez envie ...
http://www.lavigie-chadeleuf.com/
http://www.jaubert-images.com/fr/accueil.php
http://www.biennale-carnetdevoyage.com/
http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=19175521&postID=115386075075126541
http://routedeslivres.blogspot.com/2006/12/roland-et-sabrina-michaud.html
http://www.mam-st-etienne.fr/index.php

17 novembre 2007

Théâtre ou cinéma ?

Il y a longtemps que je me pose la question, mais je ne sais pas si je vais me la poser encore longtemps.
Je m'ennuie au théâtre, presque toujours !
Au cinéma parfois, mais moins souvent.

J'étais au théâtre hier soir. Une pièce de Thomas Bernhard : L'Ignorant et le fou. Je me suis horriblement ennuyée. J'ai ensuite été voir sur Internet, en espérant trouver une critique qui m'expliquerait ce que par ignorance sans doute je n'ai pas compris. Rien ! J'ai parcouru une bonne douzaine de critiques; j'ai trouvé autant de résumés de la pièce assortis de quelques commentaires sur le jeu des acteurs, diversement apprécié d'ailleurs. Rien sur le sens éventuel, rien sur ce que l'auteur a peut-être voulu signifier, sur l'intérêt que peut présenter la juxtaposition de trois quasi monologues débités avec autant de sentiment qu'un bulletin météo ou une page d'annuaire téléphonique. La vacuité de l'existence ? L'inanité des relations humaines ? L'incommunicabilité des êtres ?
Depuis quand, au théâtre, on parle pour ne rien dire ? Pour ne rien exprimer ? Pour ne rien signifier ?
A quoi sert une critique qui se contente de décrire ce que chacun, à moins d'être aveugle et sourd, a vu et entendu ?
J'aurais aimé comprendre, même a posteriori, mais les critiques ne m'ont pas beaucoup aidée et je suis restée sur ma faim.

Alors, la prochaine fois, j'irai au cinéma !
D'autant que les bons films ne manquent pas eux !

15 novembre 2007

Taïchi

C'était un néon, quelque part dans une rue de New York, publicité pour un cours de taïchi...
J'aime bien le taïchi.
J'aime bien le néon aussi.
Et puis le bleu, surtout le bleu.

14 novembre 2007

Passiflore


Une belle photo ? Oui sans doute mais c'est surtout la fleur qui est belle, et tellement complexe !
A vous de trouver la petite bête ...

09 novembre 2007

Brooklyn

Trois images seulement pour évoquer Brooklyn, ou plutôt un quartier de Brooklyn, celui qui porte le nom du pont par lequel on y accède en venant de Manhattan : Williamsburg.
Pourquoi ce quartier et seulement lui ? parce que c'est le quartier qui bouge. Qui ne ressemble déjà plus à celui d'hier et pas encore à celui de demain.

Au bord de l'East River, une immense usine, pas encore désaffectée; quelques immeubles de deux ou trois étages, seulement, ce qui repose de la verticalité de l'autre rive. Les façades sont un peu décrépies mais elles ont gardé leurs couleurs.

Entre deux entrepôts se glissent les premières galeries, qui n'ont pas toutes pignon sur rue : il faut parfois grimper un étage, pénétrer dans une arrière cour. Mais c'est l'occasion de découvrir des artistes dont les oeuvres sont encore abordables. Avec les galeries, viennent les cafés, les restaurants, qui côtoient, pour un moment encore, des boutiques dont la rentabilité paraît plus que douteuse... aujourd'hui. Parce que demain, cette même boutique sera peut-être le dernier lieu à la mode !

J' aime bien ce mélange improbable, cette atmosphère de quartier où chacun semble connaître tout le monde. Et puis je suis tombée sur cette affiche ...

Et je m'interroge : qu'est ce qui stimule le plus l'imagination ? la pêche ? le whisky ? ou le voyage ?

08 novembre 2007

New York street life

Même sans avoir jamais été à New York, on a dans la tête un certain nombre de clichés, empruntés le plus souvent au cinéma : de vraies cartes postales !













Ainsi les néons de Broadway...
Les taxis jaunes et la vapeur qui sort des bouches d'égouts au milieu des rues ...

Plus insolites, les parkings où les voitures sont empilées les unes au-dessus des autres, comme de vulgaires boites de chaussure. Comment font les propriétaires du dernier étage pour récupérer leur véhicule ? Un mystère que je n'ai pas (encore ) élucidé !













Ainsi les petits vendeurs de bagels, chips, hot-dogs et autres rituels alimentaires typiquement new-yorkais ....

















Plus insolites, les sacs poubelles qui jonchent les trottoirs à toute heure du jour et de la nuit, y compris dans les quartiers "chics", ici à Chelsea où les galeries d'art dominent la rue.















Sur la cinquième avenue, rien n'a changé chez Tiffany, dont les liftiers, toujours aussi courtois, sont désormais habitués à accueillir plus de touristes que de clients. L'ascenseur monte et descend. Alliances au premier étage, diamants au second, pierres précieuses, perles, argenterie ... à chaque étage ses joyaux. Pourtant on circule partout sans contrainte, et sans même un sas de sécurité à l'entrée ! Oui, oui, je sais : les caméras espions ! L'endroit en est certainement truffé, mais si elles m'ont vue, moi je ne les ai pas vues.

Are dimaonds still women's best friends ? ... Rien n'est moins sûr.

De l'autre côté de la rue une foule bien plus nombreuse que chez Tiffany se précipite vers une boutique dont les vitrines noires ne révèlent rien des trésors proposés. A l'entrée un éphèbe, torse nu ! Comme je le découvrirai bientôt, ce bel Adonis est l' emblème publicitaire de la marque. A l'intérieur, tout est noir; la seule source lumineuse semble provenir de l'escalier et d'une fresque très "social-réaliste" où de virils jeunes gens exhibent leur musculature.
Intriguée je cherche quelle est la marchandise objet de tous ces soins....
Soigneusement pliés sur des étagères qui couvrent les murs du sol au plafond, élégamment présentés dans des vitrines fermées à clef, objets de cette extravagante mise en scène et de toutes les convoitises ....




Voici des jeans !
Oui, des jeans, mais pas n'importe lesquels, les jeans d' Abercrombie and Fitch "the highest quality, casual, All-American lifestyle clothing for aspirational men and women" ! Si ce n'est pas du concept marketing ! Bien que je ne sache pas vraiment ce que sont des "aspirational men and women". Des jeunes gens avec de grandes aspirations, obtenir le Novel de physique, changer le monde ? Ou des jeunes gens dont la seule aspiration est d'acheter un jean A&F ?
En tout cas cela vaut la peine d'aller faire un tour sur
http://www.abercrombie.com/anf/lifestyles/html/homepage.html
pour en savoir plus ou .... pour les 2 secondes d'ouverture !

07 novembre 2007

Les citernes de New York














































 
Les citernes

Dès qu'on lève les yeux - et à NY on ne fait que cela - on les voit. Elles sont sur tous les toits.
Avec un petit air anachronique au milieu de tant de modernité.
En les voyant on pense aux citernes qui alimentaient en eau les trains dans les westerns.
Seules ou par paires ... les repérer devient vite obsessionnel.




Au soir tombant, elles sont particulièrement photogéniques.
Etranges et mystérieuses, elles semblent veiller sur NY .
Ombres tutélaires, elles montent la garde.



06 novembre 2007

Automne

On est passé à l'heure d'hiver; les cimetières se sont remplis de chrysanthèmes; le jardin hésite entre le rouge et le jaune. Et moi j'hésite entre Baudelaire et Apollinaire, Verlaine et Agrippa d'Aubigné. Quel est mon poème d'automne préféré ?

"Un rose d'automne est plus qu'une autre exquise"

Du poème d'Agrippa d'Aubigné je n'ai retenu que ce vers là. Toujours mieux que les deux vers de Verlaine

"Les sanglots longs des violons de l'automne
Bercent mon coeur d'une langueur monotone"

décidément trop précieux, trop languides pour l'humeur d'aujourd'hui.
Alors Apollinaire ? Oui mais avec lui c 'est l'embarras du choix !

"Dans le brouillard s'en vont un paysan cagneux
Et son boeuf lentement dans le brouillard d'automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux
Et s'en allant là-bas le paysan chantonne
Une chanson d'amour et d'infidélité
Qui parle d'une bague et d'un coeur que l'on brise
Oh! l'automne l'automne a fait mourir l'été
Dans le brouillard s'en vont deux silhouettes grises. "

C'est simple et beau; beau parce que simple. Oui mais un peu trop "rural" et le syndrome du mal-aimé ...

Alors Baudelaire, qui jamais ne déçoit. Mais son chant d'automne est un chant funèbre .
A moins de n'en garder que quelques éclats ....

"Adieu vive clarté de nos étés trop courts !
[...] C'était hier l'été; voici l'automne ! "

Non décidément. C'est tout le poème ou rien.

Alors ?

Alors pourquoi pas un poème de Liu Yuxi, poète chinois du IXe siècle ? Oui mais voilà, je n'ai pas le poème original et ne suis qu'à moitié convaincue par la traduction française que j'ai trouvée. Des alexandrins pour un poème chinois ?

"Depuis les temps anciens, l'arrivée de l'Automne
Semble apporter toujours tristesse monotone ;
Mais pour moi le soleil de l'automne, éclatant
Surpasse sans conteste un matin de Printemps.
Ciel serein; une grue, par dessus les nuages
Lance au ciel, dans l'azur, sa poétique image. "

Tant qu'à faire je préfère la version anglaise, plus souple, plus fluide.

"Since ancient times autumn has brought sorrow and loneliness, but I say autumn days are better than spring. In sunny heaven one crane catches clouds in its wings and leads my poetic passions into blue sky."

J'abandonne le choix est trop difficile.
Mais si quelqu'un quelque part a quelque chose à me proposer ...