08 janvier 2014

El mercado central


 Architecture, peinture... Valencia a certainement beaucoup à offrir sur le plan culturel. Mais ce n'est pas une raison pour dédaigner le nourritures terrestres surtout quand elles sont aussi appêtissantes qu'au Mercado Central, dont le bâtiment actuel a été inauguré en 1928 et porte visiblement les marques architecturales du début du XXe siècle. 




Bien que je n'ai pas réussi à trouver ce que signifient les deux L sur le vitrail central. 


 Sous la coupole, les étals des marchands sont plus beaux les uns que les autres et, en cette veille de Nouvel An, les chalands se bousculent.


Des régiments entiers de jambons, mais attention, pas n'importe lesquels, les "pata negra"seuls dignes des bonnes tables espanoles !


Des empilements de "calabazas" ...


..."pimientos", "berengeras",  (un mot qui ne peut venir que de l'arabe)


"gambas" bien entendu sans lesquelles la "paella valenciana" ne serait pas ce qu'elle est !
Et comme on est sur le point de changer d'année, il y a des étals entiers de raisins puisqu'il est de tradition lorsque sonnent les douze coups de minuit, d'avaler douze grains de raisin.  Et si l'on parvient à accomplir le rite sans faillir, c'est du bonheur assuré pour toute l'année !






07 janvier 2014

Le thé avec Nefertiti

L'IVAM (Instituto Vlenciano d'Arte Moderna) où je me suis arrêtée hier, proposait plusieurs expositions. Au dernier étage : La Abstracción de Rafael Canogar. Les tableaux présentés sont effectivement très abstraits, avec un travail sur la couleur et la matière pour le moins expressif.


Mais l'exposition la plus passionnante de l'Ivam était à n'en pas douter celle du premier étage, intitulée Te con Nefertiti. L'exposition a déjà été présentée à Doha et cet été, à Paris, à l'Institut du Monde arabe.
L'exposition ressemble d'abord à un grand fouillis où se côtoient des objets hétéroclites, deux bras de pelleteuse à côté d'une statue nubienne, une potiche islamique ou d'une machine à coudre de la marque Nefertiti. Peu à peu de ce désordre apparent émergent quelques pistes qui permettent de donner du sens à l'ensemble. Il s'agit en fait de provoquer une réflexion sur le statut de l'oeuvre d'art qui change selon le contexte dans lequel elle est présentée.  L'exposition est drôle, intelligente et surtout stimulante. Il faut pour l'apprécier prendre le temps d'y passer plusieurs heures, regarder les  les cartels, les vidéos; il faut surtout accepter d'être bousculé dans ses habitudes. Ce n'est pas une exposition sur l'art égyptien mais plutôt une réflexion sur ce que nous avons fait de l'art égyptien, à partir du moment où les oeuvres ont été mises dans un musée ou utilisées par les médias.





Pour vous faire une petite idée de l'exposition,  à défaut de pouvoir la voir puisqu'elle ferme le 7 Février, deux sites :
- pour les hispanophones, le site de l'IVAM qui a mis en ligne le catalogue de l'exposition.
http://www.ivam.es/exposiciones/2951-t-con-nefertitihttp://www.ivam.es/exposiciones/2951-t-con-nefertiti
- pour les francophones, le site de l'IMA avec une intéressante interview des deux commissaires : Sam Bardaouil et Till Fellrath
http://www.imarabe.org/exposition-ima-9175



L'institut d'art moderne de Valencia

A peine plus loin que le Centre del Carme, se trouve l'Institut d'Art Moderne de Valence : architecture contemporaine, béton et verre comme il se doit puisque le bâtiment inauguré en 1989 a été remanié en 2000 par le même architecte, Emilio Gimenez.


Au rez-de chaussée, un restaurant, "design" comme on pouvait s'y attendre. Pas d'autre clients que nous, pourtant l'heure était raisonnable pour un déjeuner espagnol : 14h30. J'y ai déjeuné d'un "arroz con asparrágos y setas" délicieux, à ne pas confondre avec le "risotto con asparago e funghi " sous peine de s'attirer le regard outragé du serveur ! Première leçon de gastronomie valencienne.

06 janvier 2014

Deux peintres valenciens


Au Centre del Carme - puisque tel est son nouveau nom - j'ai découvert deux peintres espagnols passablement différents, mais dont les oeuvres étaient remarquablement présentées.

Calo Carratal est un peintre Valencien qui, à l'occasion d'une résidence d'artiste en Norvège a exéctué une série de toiles représentant des paysages enneigés, à peine striés de noir, ou de marron. De rouge très sombre comme on imagine les fermes dans ces pays nordiques. Parfois un coin de ciel bleu...

Je ne sais pas si j'aurais aimé ces toiles dans un autre environnement. Mais la salle Ferreres (l'ancien musée des Beaux-Arts) dans sa blancheur absolue et son sol marbré de gris constitue un écrin précieux pour les oeuvres du peintre, magnifiquement mises en valeur.




Faute d'avoir pu photographier à mon gré j'ai emprunté deux photos au site : http://revistamito.com/noruega-2011-cronica-pictorica-de-calo-carratala/ et j'ai découvert incidemment d'autres toiles de Carratala, radicalement différentes non pas dans leur manière mais par l'usage de la couleur.

http://www.arteinformado.com/Eventos/37254/cuaderno-de-viaje/

De la couleur, il y en avait aussi dans les oeuvres de Marti Quinto exposées elles, dans l'ancien dortoir du Centre del Carme.  Etaient souvent juxtaposées des oeuvres réalisées sur le même sujet mais à quelques  années d'écart et parfois avec des medias différents, aquarelle, acrylique sur toile ou sur carton, collages ... ce qui permet d'entrevoir le travail de maturation ou plus simplement les questions que s'est posé l'artiste et les réponses qu'il y a apportées.
Quelques silhouettes élégantes, mais toujours solitaires. Des personnages isolés dans un environnement urbain, parfois absorbé dans leur lecture.


Quelque chose qui d'une certaine façon pouvait rappeler Hopper ...

 

Mais de loin, le tableau que j'ai préféré, c'est celui du lecteur, dans son lit ! 







05 janvier 2014

El convento del Carmen


Le Barrio del Carmen est un quartier populaire en voie de gentrification  bien que la crise  ait apparemment freiné cette évolution. Au coeur de ce quartier se trouve "el Real Monastero de Nuestra Señora del Carmen de Valencia". Le titre est pompeux, mais le couvent est un bijou à ne pas manquer ! 
Depuis 1281, date de sa fondation, il a subi tant de remaniements, de transformations, de modifications, qu'il ressemble désormais à un mille-feuille architectural. La dernière restauration a même permis de mettre à jour les ruines d'une habitation arabe, dont la construction est bien antérieure à celle du monastère  et que l'on peut désormais observer depuis un plancher en verre ! Un cloître gothique très dépouillé jouxte un autre cloître, roman celui-là et, selon la formule de mon Cartoguide, "délicieusement négligé".  La transformation du couvent en Musée à la fin du XIXe siècle lui a permis d'échapper à la "desamortización", cette entreprise économico-politique qui consistait à mettre aux enchères des biens improductifs détenus par des "mainsmortes" (essentiellement l'Eglise !)


 La dernière restauration de ce lieu étonnant s'est achevée en 2011 et désormais el Centre del Carme propose dans ses murs  toutes sortes d'activité culturelles.  Plusieurs salles sont consacrées à des expositions temporaires,  parmi lesquelles la salle Ferreres (du nom de l'architecte qui la conçut sur le modèle du Prado), le dortoir, le réfectoire... Ce qui permet de constater que l'architecture la plus classique, comme cette cage d' escalier du XVIIe siècle avec sa rotonde peinte, s'accorde parfaitement avec l'art contemporain.


Mais je parlerai un autre jour des deux expositions découvertes en ces lieux.

04 janvier 2014

Illusion



Un des sols en damiers de la Lonja de la Seda, et son étrange effet de perspective. Pour un peu, on se croirait dans un dessin de Escher, le génial graveur.

La Lonja de la seda

S'il est un monument dont les habitants de Valence sont fiers, c'est bien la Lonja de la Seda, La loge de la soie appelée aussi Loge des marchands.
Construit autour d'un patio d'orangers, le bâtiment, dont la construction a démarré à la fin du XVe siècle pour s'achever au milieu du XVIe a des allures de forteresse gothique, gargouilles comprises !



A l'intérieur, la salle la plus spectaculaire est le Salon aux colonnes, véritable temple du commerce où étaient réalisées les opérations boursières. Sa taille, sa magnificence témoignent de la puissance économique de la ville  ...  et de la moralité de ses marchands, si l'on en croit le phrase inscrite en lettre d'or sur ses murs :

"gustate et videte concives quoniam bona est negociacio que non agit dolum in lingua quae iurat proximo et non decepit quae pecuniam non dedit ad usuram eius mercatores sic de gens diviciis redundabit et tandem vita fruetur eterna." 

Une phrase qui fait l'éloge des marchands qui n'ont recours ni au mensonge, ni à l'usure ! Une conduite qui leur garantit richesse sur la terre et vie éternelle au-delà !

La salle, dont les colonnes torsadées montent jusqu'à 12 mètres est d'une folle élégance et me rappellent je ne sais plus quelle mosquée vue autrefois en Ouzbekistan.




Une petite chapelle sépare la salle des colonnes du Consulat de la mer, où se traitaient autrefois les affaires maritimes (pas de commerce sans vaisseaux marchands !) et qui servait également de tribunal. Sol à damiers noirs et blancs, rideaux de soie damassée grise aux fenêtres, plafond à caissons sculptés, l'ensemble est superbe.

La Lonja de la Seda  est une belle oeuvre architecturale et les Valenciens ont raison d'en être fiers, mais c'est avant tout une certaine image du commerce, à une époque où les marchands étaient de vrais aventuriers qui se risquaient à l'autre bout du monde pour y débusquer épices ou étoffes précieuses. Une image du commerce telle que la célébra Voltaire dans son poème Le Mondain.

" [...] O le bon temps que ce siècle de fer!
Le superflu, chose très nécessaire,
A réuni l’un et l’autre hémisphère.

Voyez-vous pas ces agiles vaisseaux
Qui, du Texel, de Londres, de Bordeaux,
S’en vont chercher, par un heureux échange,
De nouveaux biens, nés aux sources du Gange,
Tandis qu’au loin, vainqueurs des musulmans,
Nos vins de France enivrent les sultans [...] "

Beaucoup de sites sur la Lonja, mais celui-ci est vraiment très complet :
 http://www.jdiezarnal.com/valencialalonja.html

03 janvier 2014

Calatrava, encore lui ?

Oui, encore lui. Parce c'est beau tout simplement ! Et que je ne m'en lasse pas.






Ciudad de las Artes y las ciencas




Il y a,  à Valencia, de quoi satisfaire tous les amoureux de l'architecture classique, de l'âge baroque à l'art nouveau, mais c'est pour Calatrava et son éblouissante Cité des Sciences que l'on choisit généralement cette ville.
Le bus 95, qui longe le lit de la Turia désormais recouvert et transformé en jardin, nous dépose aux abords de la Cité. Et tout de suite c'est l'éblouissement : sur le grand ciel bleu, les palmiers, les bâtiments blancs, les reflets dans l'eau... 


Un petit tour à l'intérieur du musée des sciences s'avère pourtant décevant : entre lourdeur et légèreté, beaucoup d'espaces perdus, de cheminements qui n'en finissent pas.  Vue de l'intérieur, l'architecture de Calatrava donne à la fois l'impression d'une extrême légèreté - l'usage du verre sans doute, et des courbes qui n'en finissent pas de s'élancer - mais aussi d'extrême lourdeur - il faut bien un contre-poids à toute cette légèreté. L'impression qui domine pourtant est celle de vide et d'inutilité. C'est beau, très beau, mais cela ne sert peut-être à rien. Et les choix muséographiques font penser à une bruyante foire commerciale installée dans un hall de gare où l'on traîne son ennui devant des panneaux plus ennuyeux qu'instructifs.


En face du musée des sciences, le Palau (l'Opéra) vient d'être fermé sur décision de la municipalité de Valencia. Le fonctionnement du bâtiments ouvert en 2005 est, semble-t-il, de plus en plus problématique. 
Vu de l'extérieur, le Palau pourtant stimule l'imaginaire. Selon l'angle sous lequel on le regarde il ressemble à un oiseau au bec acéré, à un requin à l'oeil démesuré ou ... 


 ... ou à un casque guerrier ! Il y a aurait-il finalement quelque chose d'un peu agressif dans l'architecture de Santiago Calatrava ?  

 
 
En tout cas, en attendant que s'épuisent les polémiques, on peut se contenter de laisser l'eau couler sous les ponts.  


02 janvier 2014

Architecture valencienne


A Valence, toutes les époques et tous les styles architecturaux sont représentés,  comme autant de témoignages d'une très longue et très riche histoire. Ainsi la seule cathédrale propose déjà trois portails, de trois périodes différentes : le premier est roman, le second est gothique et le troisième baroque.

Mais c'est au 6, Calle del Poeta Querol que j'ai trouvé le plus bel exemple de portail baroque ...


que le manque de recul ne permet pas de saisir dans son entier.  Mais l'effet baroque est bien là, dans la colonne spiralée et dans l'enroulé du coquillage.


Bien que le poisson ait tout l'air d'un ajout plus ... récent ? L'église, construite après la Reconquista en lieu et place d'une ancienne mosquée est dédiée à Saint Jean de la Croix. Le poisson ne faisant pas partie des attributs du Saint, il fallait essayer de trouver une autre explication à sa présence; la voilà : la rue du poète Quérol a été percée pour permettre la jonction entre la calle de la Paz et l'ancien quartier de pêcheurs (Calle de las Barcas).  Quartier des pêcheurs, rue des barques, un poisson...évident, non ? 
http://juanansoler.blogspot.fr/2012/03/la-calle-poeta-querol.html


Au numéro 2 de la rue du poète Quérol, on tombe sur le musée de la céramique, une extravagance baroque que les propriétaires qui se sont succédé n'ont cessé de restaurer, modifier, embellir jusqu'au grotesque. 
Ce palais, autrefois propriété du Marquis de Dos Aguas, est désormais le Museo Nacional de la Ceramica, mais comme la céramique m'intéresse bien peu, je me suis contentée de tourner autour de sa façade, subjuguée (horrifiée ?) par l'ornementation autour des fenêtres ...


et plus encore par les bas-reliefs en albâtre qui ornent les deux côtés du portail d'entrée.


Architecture civile, architecture religieuse, à Valence, la différence n'est pas toujours évidente. Mais c'est aussi ce qui fait le plaisir des découvertes.

http://juanansoler.blogspot.fr/2012/03/la-calle-poeta-querol.html

01 janvier 2014

Naranjas de Valencia


Je ne sais pas si les oranges de Valencia sont les meilleures, mais il y a des orangers dans toute la ville, devant la cathédrale ou sur la petite place à côté du musée de la céramique, le long de la Calle Pintor Lopez comme dans la cour d'entrée de la Lonja, et bien entendu dans les jardins de Turia. 



Il a l'air si facile de tendre la main pour cueillir une orange que je me suis demandée si les oranges se vendaient quand même chez les fruitiers ou au marché. J'ai trouvé la réponse au Mercado centrale où l'on m'a assuré que les oranges de l'étal étaient bien des oranges de Valencia.


Mais, rassasiée d'oranges et d'orangers c'est au pied d'un citronnier que je me suis arrêtée. 

Pour vous souhaiter ... 



...une BONNE ANNÉE !