17 février 2016

Cafés et restaurants de St Augustine

Cités dans le désordre, quelques endroits où nous avons eu plaisir à nous arrêter. 

Kyle's seafood shack,  pour son côté "brut de décoffrage" 


Caps on the water, pour son immense terrasse avec vue sur la rivière  et le délicieux "blackened trigger " que nous y a avons dégusté.


 The Floridian, pour sa déco


Le Sunset grill pour les couleurs de sa façade


Et l'inoubiable dessert "chocolate & peanutbutter"


 Le Dos pour son côté "branché"


Georgie's café parce que c'est un "diner" tout droit sorti des années 50


Le Blue Hen café pour son ambiance très Lincolnville


Le Maple Street Biscuit company, pour le dessert que l'on m'a apporté sans que j'ai rien demandé : "house's treat" !


Et le dernier pour son enseigne

16 février 2016

Un certain sens du confort


 
A l'extérieur, forcément, on privilégie l'Adirondak, d'autant que dans sa version plastique il existe dans des tas de couleurs et n'a pas besoin d'être repeint chaque année. Il gagne en fantaisie ce qu'il perd en authenticité. 




Car le vrai Adirondak est en bois,  son assise doit être légèrement arrondie pour ne pas couper les genoux, et ses accoudoirs doivent être assez large pour y déposer un verre.


  
Mais sous les porches des maisons, on préfère, de loin, le vrai fauteuil sudiste, le rockingchair ! 

Dans sa version cossue, en rotin, avec coussin...


Ou dans sa version classique, en bois. Un guéridon pour d'y déposer un verre de thé, "sweet" ou "unsweet' selon les goûts.


Un livre à proximité de la main, qu'on ne lira sans doute pas parce qu'on se laissera absorber par le spectacle de la rue


Le rocking-chair, le symbole de l'art de vivre sudiste ?

Florida style ?




Très "années cinquante" en tout cas ! 

15 février 2016

Dans la rue

Une ville aussi touristique que St Augustine attire forcément les musiciens des rues



Jeunes ou  ... moins jeunes
Folk pour les uns, jazz pour les autres!


Dans une rue à l'écart, assis tranquillement sur un banc, un monsieur lisait.


Oublieux apparemment du monde autour de lui.


Mais même en agrandissant la photo, je n'ai pas pu voir ce qu'il lisait ...
Un livre relié, un livre de bibliothèque apparemment. Pas un poche, pas un policier assurément. 
Alors ... un essai ? Un livre sur l'histoire de St Augustine, ou de la Floride ? Peut-être un roman par un écrivain originaire de la région ou qui parlerait de la région... Continents à la dérive de Russell Banks, la trilogie floridienne d'Eugénie Price ? Non, trop "chick lit" pour ce monsieur. Alors ... Le Postier au pieds nus de Théodore Pratt ? 


En tout cas, le facteur qui passait chaque matin devant ma porte n'avait pas les pieds nus, mais j'avoue qu'avec son short, sa chemisette bleue et son casque "colonial" - uniforme fourni par les postes américaines -, sa barbe et l'énorme tatouage sur la jambe droite - tentative de personnalisation de l'uniforme ? - il avait fière allure. De quoi inspirer un romancier.
















Toujours dans les marais


14 février 2016

Et dans les marais



Le héron m'attendait un pied sur la balustrade, 

mais c'est un "birdwatcher" du Wisconsin qui m'a permis d'apercevoir l'aigle chauve au sommet du pin. 


Sur la plage ...








13 février 2016

Black heritage in St Augustine

Ma façon d'apprendre une ville est un peu anarchique j'en conviens. Je préfère en effet me laisser guider par le hasard et découvrir ce qu'il y a à découvrir par moi-même plutôt que d'ouvrir un guide, de suivre une carte. Quelques regrets pour ce que je manque, mais tant de plaisir pour ce que je trouve. Seule.

 http://www.hmdb.org/marker.asp?marker=7580

Ainsi les 3 marches de brique, sur un lot vide de Gault Street dans le quartier Nord de St Augustine. Intriguant, non ? Le panneau qui surmonte les 3 marches me donne l'explication : c'est tout ce qui reste de la maison des Robertson, incendiée pour les punir d'avoir envoyé leur fils David à l'école. David était noir, l'école était blanche.

 http://www.waymarking.com/waymarks/WMB018_St_Benedict_the_Moor_Catholic_School_St_Augustine_FL

A Lincolnville, c'est un grand bâtiment passablement délabré, qui attire mon attention.  Un panneau indique ce qui s'est passé en 1916 : 3 nonnes, de l'ordre des Bénédictins ont été arrêtées pour avoir enseigné dans une école noire; elles étaient blanches et une loi passée en 2013 interdisait que des Blancs fassent la classe à des enfants noirs !


L'histoire de Saint Augustine se reconstitue ensuite d'elle-même. L'afflux de Noirs au Fort Mose alors sous domination espagnole; il leur suffisait de prêter allégeance à la couronne d'Espagne  et de se convertir au catholicisme pour être libres.  C'est donc ici qu'a été établie la première communauté de Noirs libres du continent en 1738.

Après la guerre civile, des esclaves libérés fondent la communauté de Lincolnville qui prospère tranquillement jusqu'au milieu du XXe siècle lorsque s'accentue la lutte pour les droits civils menée par le Dr Robert Hayling, un dentiste. Marches de protestation, sit-ins, boycotts, tous les moyens pacifiques sont utilisés, néanmoins les affrontements sont parfois violents; ainsi lorsque des Noirs essayent d'aller se baigner sur la plage réservée aux Blancs - la si belle plage d'Anastasia ! - ils sont violemment bousculés par des militants ségrégationnistes et la police est obligé d'intervenir tout aussi violemment pour séparer les deux groupes et empêcher ceux qui ne savaient pas nager de se noyer.


Les lois ont été votées, le temps a passé, les passions se sont apaisées, mais rien n'a semble-t-il été oublié.

Lincolnville

A force de tourner au hasard dans la ville j'ai fini par trouver ses quartiers les plus intéressants : ceux qui ont une histoire vraie et forte, mais n'ont rien fait ou pas grand chose pour en tirer profit.
C'est comme cela que je suis arrivée à Lincolnville. Qui m'a immédiatement séduite.

"To find inspiration and beauty apart from the regular tourit path in a town so dedicated to tourism as St Augustine ... That is what is so exciting about a visit to Lincolnville. " Rosamond Parrish. 


Lincolnville est un quartier où il y a des maisons de toutes sortes, très grandes et très belles et parfois très modestes ou même passablement décaties. Comme un reflet sans doute de sa population. Car Lincolnville était à l'origine une ville essentiellement - mais pas exclusivement - noire. Et l'on y croise toutes sortes de gens, des vieux, des étudiants, des mères de famille, des artisans... Il n'y a pas beaucoup de commerces, juste un Corner market qui vend un peu de tout, pas de boutiques de souvenirs, mais un restaurant sympa, quelques églises ... On y circule en voiture ou à vélo, mais c'est à pied que l'on découvre les panneaux qui racontent l'histoire de la ville dans les années 60, alors qu'elle était un foyer très actif dans la bataille pour les droits civils.





Ce quartier avait tout pour me plaire et en déjeunant au Blue Hen Café, j'ai découvert le livre que Rosamond Parrish a consacré à ce quartier, un livres d'aquarelles et de dessins qui saisit avec finesse et élégance l'esprit du quartier.

Retrouver dans les pages du livre une image de la même balustrade avec son alignement de bouteilles colorées que je venais juste de photographier, m'a paru une coïncidence amusante, comme un signe de connivence. J'ai donc acheté son livre; je viens de le lire page après page et me voilà ravie. Ce livre est un vrai bonheur qui perpétuera pour moi le souvenir de mes trop bref passages dans ce quartier.


http://www.rosamondparrish.com/ 



12 février 2016

A house by the sea

Les maisons du bord de mer sont aussi colorées que celles de la ville, mais elles ont deux particularités : la plupart d'entre elles sont montées sur pilotis. Pour assurer la solidité de leur embase  sur le sol sableux je suppose, autant que pour surélever l'habitation elle-même et permettre aux regards de dépasser les dunes et de voir la mer.


Mais si l'on veut réellement observer la mer et surveiller les bateaux  depuis chez soi, rien de mieux qu'une terrasse tout en haut du toit, terrasse qu'on appelle , au choix, "captain's deck" ou "widow's walk".

11 février 2016

Le Charme de Saint Augustine (suite)

 J'évoquais dans mon précédent billet l'attrait du quartier historique de St Augustine.


A mes yeux pourtant, le vrai charme de la ville tient surtout à la diversité de ses quartiers. Il faut pour apprécier St Augustine, se promener un peu au hasard et découvrir, sous le tunnel des chênes couverts de mousse espagnole, des maisons, grandes ou petites, anciennes ou plus récentes, luxueuses ou plus modestes, mais presque toujours peintes de couleurs fraîches, acidulées.  Bleu, rose, jaune, vert...


La plus modeste sans doute, juste au bord de la rue, sans même un porche. Et des fenêtres si petites que l'on pense plutôt à un cabanon, qu'à une maison.  Longue, étroite, c'est un exemple assez caractéristique  de "shotgun house", un type de maison souvent habitée par des Noirs. En tout cas, elle a été repeinte de frais, et la peinture a un peu débordée sur le trottoir. Ce qui lui arrivera sans doute d'être rasée pour faire place à une construction plus moderne. Elle sera peut-être même préservée au titre de l'héritage architectural.


Un peu plus élaborée déjà, et délicieusement rose. La couronne sur la porte (Noël n'est pas si loin) et les lanternes de chaque côté, les jardinières aux fenêtres... la maison, c'est certain, se veut accueillante et gaie, voire "gay" si le drapeau à l'arrière de la maison, est bien un drapeau arc en ciel


La maison jaune est un modèle très traditionnel et l'on s'aperçoit que ce sont les détails qui importent : l'ancre au pied de l'arbre (une famille de pêcheurs ? )  le panier suspendu rempli de fougères dites "elk plant" - ses feuilles font penser aux cornes des élans -  le banc de pierre et ses trois oiseaux, de pierre eux aussi, le rocking-chair (indispensable dans le Sud), mais plus important c'est le drapeau qui affirme fièrement le nationalisme des propriétaires !


Blanche, avec ses volets verts (de faux volets, qui ne sont là qu'à titre décoratif), cette grande maison à deux étages est on ne peut plus classique et dispose d'un espace suffisant sur son lot pour y faire pousser fougères et palmiers? La maison est pourtant légèrement asymétrique et son porche d'entrée décalée ce qui laisse penser que les pièces de réception sont plutôt à droite qu'à gauche. Une demeure bourgeoise, harmonieuse certes, mais sans grande originalité. A moins qu'à l'intérieur ...


Quant à celle-ci,  bien que sa couleur soit inhabituelle - un beau rouge sombre que l'on trouve plus souvent sur le mur des granges - elle a tout d'une maison de plantation, avec sa double galerie, ses pilastres et sa tourelle. Luxueuse assurément. Suffisamment sûre d'elle pour ne pas en rajouter.



Ce que j'aime finalement c'est m'arrêter devant une maison qui m'a séduite pour je ne sais quelle raison, l'observer attentivement, en noter tous les détails et ... spéculer sur le caractère de ceux qui l'habitent. Celle-là pourtant est restée indéchiffrable : elle multiplie les barrières comme pour se protéger et marquer les limites de son territoire.  Repli sur soi ? Les plantes investissent le trottoir, comme pour mettre à distance les passants  ... ou, au contraire,  comme une invite, un geste de séduction. La couleur - un turquoise très pâle est souvent employée pour peindre le dessous des toits des varangues où sont installés les ventilateurs. Mais là, elle déborde sur les murs. C'est joli, mignon, trop peut-être. Les codes sont brouillés et je m'y perds.

10 février 2016

Le Charme de Saint Augustine

A quoi tient le charme de cette petite ville, la plus vieille des Etats-Unis puisqu'elle s'enorgueillit d'avoir été fondée en 1565 par les Espagnols : 450 ans, ce n'est pas rien pour ce continent même si pour un Européen, ce n'est au fond pas grand chose.
La plus vieille école en bois, le plus vieux magasin, le plus ancien... Autant de surperlatifs pour attirer les touristes qui affluent nombreux vers le quartier historique transformé dès lors en piège à touristes : boutiques de souvenirs, de gadgets, de bidouilles alternent avec cafés et restaurants.




Un certain charme sans doute, mais un peu surfait quand-même ! Surtout quand la rue pricnipale est envahie par la foule qui finit par cacher ce que l'architecture peut avoir d'intéressant. 




Il faut, pour apprécier le charme de la ville, choisir, son heure et son jour ! 
Saint Augustine a pourtant d'autres atouts : à la fin du XIXe siècle, Henry Flagger, entrepreneur et homme d'affaires s'installe en Floride, mais, estimant que les infrastructures hôtelières et les moyens de transport ne sont pas à la hauteur, il fait construire quelques grands palaces, comme le Ponce de Léon à St Augustine, ou le Royal Palm Beach à Miami et fait établir le long de la côte,  une ligne de chemin de fer qui atteint Key West en 1905. 
Construit dans un style "hispanisant", l'hôtel de St Augustine est devenu en 1968 le Flagger college, classé depuis monument historique.
 


Le résultat est pour le moins curieux, mais les étudiants ne semblent pas s'en plaindre, bien que le patio, avec ses palmiers, sa fontaine et les gazouillis d'oiseaux semble plus inviter à la contemplation ou à la rêverie qu'à l'étude.





05 février 2016

Night Lights

Lorsque vient la nuit, en Décembre et en Janvier, la petite ville de St Augustine, sur la côte Est de la Floride, s'illumine de milliers, de millions de minuscules lumières.


L'effet est réellement magique, mais plus encore si on triche un peu ....



Jusqu'à ne plus rien reconnaître du tout. 
Une façon comme une autre d'expliquer le passage de la figuration à l'abstraction