Par qui, par quoi commencer, sachant que la version 2025 des rencontres d'Arles a été particulièrement riche et que la diversité des expositions a de quoi satisfaire toutes les curiosités. A chacun de tracer son chemin entre les lieux d'exposition familiers et ceux qui sont à découvrir parce qu'ouverts pour la première fois. Plus que jamais, m'a-t-il semblé, les expositions proposées cette année permettent de s'interroger sur les sens (les sens ? l'essence ?) de la photographie, sur ses objectifs, sur son intérêt, esthétique, documentaire, provocateur. Sur le "pourquoi?" plus que sur le "comment?" ...
Illustrateur et photographe, Jean-Michel André présente une série de photos intitulée Chambre 207. Le 5 août 1983 son père et sa compagne ont été assassinés dans leur chambre d'hôtel, alors qu'il dormait dans la chambre à côté. Il avait 7 ans et le traumatisme a effacé les souvenirs qu'il aurait pu en garder. Comment parler d'un "fait divers" aussi sanglant (8 morts au total) que sordide ? Comment le restituer alors qu'on en a perdu la trace ?
Dans une interview à la revue AMA (art media agency), Jean-Michel André explique comment il a travaillé, quelles recherches il a fait et comment il a élaboré ce projet. " C'est un projet qui relève autant de la reconstitution que de la reconstruction". Valeur thérapeutique de la photographie ? Pas seulement parce qu'il ajoute " J'interroge aussi les limites de l'image. Qu'est-ce qu'on peut montrer ? Pourquoi ? Comment ? Et pour qui ? [...] Comment transformer l'horreur pour en faire une oeuvre.
... images inventées pour la plupart parce que la fiction est parfois le meilleur moyen d'appréhender la réalité lorsqu'elle est trop dévastatrice.












