08 juillet 2014

Rêveries orientales



Istanbul, ville de tous les fantasmes, rêve de tous les orientalistes à la petite semaine façon Pierre Loti.

Il suffit d'un croissant de cuivre, en haut d'un minaret... 

D'un derviche tourneur qui tous les soirs inlassablement tourne ... à la terrasse d'un café. 

(Je l'ai bien observé. Un pied en pivot, l'autre en trottinette ... il ne me manque plus que la robe ! Demain je tourne !)




La gare de Sirkeçi est toujours là pour accueillir l'Orient-Express qui,  hélas, ne s'arrête plus dans la ville qu'une fois par an !  

Lauriers roses, parasols verts sur façade rose et blanche, couleurs de sorbets à la pistache et à la rose ! 



Capitons, dorures, couleurs pastel, tableaux orientalistes : le style Ottoman fait des ravages dans les salons des grands hôtels ... avec plus ou moins de discrétion ! 


L'hôtel Les Ottomans, à peine plus kitsch que ses concurrents. 
Le Four Seasons, ses bouquets d'orchidées et sa jolie collection de tableaux, nature mortes, orientalistes elles-aussi. 


Au Pera Palace, le salon-bibliothèque semble figé dans l'attente du retour d'Agatha Christie et le salon de thé, tout de cristal et de rose est une bonbonnière à laquelle il est bien difficile de résister.











Mais les références orientalistes ne sont pas l'apanage des seuls palaces. L'exotisme n'a pas besoin de luxe pour déployer ses charmes et sur la terrasse d'un B&B de Sultanhamet, face à la mer, toutes les rêveries sont permises.


Difficile dans ces conditions de résister aux douceurs orientales et autres "turkish delights", qui, s'y j'en crois ce menu, marqueront pour longtemps ma mémoire. "A cup of coffee drunk at Hafiz Mustafa will be remembered for 41 years "


J'en ai bu plusieurs, juste pour être certaine de m'en souvenir pendant 41 ans !





07 juillet 2014

Beyoglu, de la tour Galata à la place Taksim

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Beyoglu, c'est le quartier moderne de la rive européenne. On y accède par le pont de Galata, on emprunte ensuite le drôle de funiculaire souterrain que l'on doit à l'ingénieur français Eugène Henri Gavand qui a su convaincre le Sultan Abdul Aziz Khan qu'il y a avait un moyen plus rapide et plus confortable  que les pieds pour rejoindre le quartier d'affaires de Pera depuis Galata. En un rien de temps on arrive ainsi place du Tunnel ; reste à remonter la rue Istiklal jusqu'à la place Taksim en prenant le petit tram rouge des nostalgiques ...

ou... à pied ! Mais là, cela risque d'être plus difficile. Non, non, ce n'est pas un jour de manif, juste un après-midi ordinaire dans la rue Istiklal !

 
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Pour peu qu'on s'écarte de quelques pas, le quartier change du tout au tout : 


Bars branchés ou carrioles de brocanteur dans les quartiers en voie de gentrification.


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Le croissant et l'étoile, symboles de la Turquie de toujours; une galerie marchande où s'alignent les restaurants. 
 
 

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Partout l'on trouve de quoi se restaurer, combler une petite faim ou satisfaire une envie gastronomique: moules de Galata ou börek feuilletés.





 Ce que j'aime à Istanbul comme à Rome, c'est le mélange des genres ! 

 





Istanbul Modern

C'est ainsi que les Stambouliotes  ont choisi d'appeler leur musée d'art moderne. Simple, efficace à l'image du bâtiment (d'anciens entrepôts) extraordinairement bien situés puisque donnant sur la mer de Marmara. Avant même de franchir le seuil, comme ce groupe de jeunes filles qui attendent l'ouverture du musée, on est happé par le va-et-vient des bateaux.


Une fois le seuil franchi, on se dirige spontanément vers la grande baie vitrée contre laquelle se dessinent en contre-jour les cerises d'un jeune duo d'artiste turcs connus sous le label :mentalKlinik. L' oeuvre est intitulée "Doublecherry" et date de 2011.
 

Derrière les cerises, la fenêtre, comme un écran vidéo : oeuvre d'art à part-entière ?  Presque ! 

Ludique dès le départ, la visite du musée est d'autant plus passionnante que les artistes exposés sont turcs et donc inconnus. En tout cas de moi. Je vais donc de découvertes en découvertes. Aussi novice en la matière que les groupes d'enfants qui traversent sagement le musée sous la conduite de leur mentor.

Les filles en rouge, les garçons en bleu ? Ouf, on a échappé au bleu et rose layette ! Sauf pour les chaussures des filles ! Quand même !


Un peu plus loin, ce sont des adolescentes, voilées ou pas, dont les vêtements colorés animent le musée. Comme une volée de moineaux elles s'emparent soudain d'une installation qui un instant auparavant intriguait, mais ne faisait pas sens : vieilles valises (d'immigrants ? ) qui valent la peine que l'on s'assoit pour observer à la loupe les marques d'usure et les éraflures.


A quelques encablures seulement de Sultanhamet, de ces monuments historiques et de ces hordes touristiques, Istanbul Modern propose l'image d'une autre Turquie, moderne, dynamique, cultivée.
Un moment réjouissant, prolongé par un déjeuner sur la terrasse du restaurant, à suivre les trajectoires  croisées des bateaux.




06 juillet 2014

Les Maisons en bois d'Istanbul

Bien sûr il y a les "yalis", palais somptueux le long du Bosphore. Mais il y a, ou plutôt il y avait, un peu partout dans Istanbul, des maisons beaucoup plus simples, construites en bois elles-aussi. Une de leurs caractéristiques était l'encorbellement qui surplombait la rue, encorbellement souvent placé en biais, sans doute pour mieux recevoir la lumière ... ou pour mieux observer ce qui se passait dans la rue.

Le bois n'étant pas imputrescible, beaucoup de ces maisons ont péri. Elles ont subi les ravages du temps, des intempéries et des incendies. Certaines ont été superbement restaurées, comme les maisons de la rue de la Fontaine froide (Soguskçesme Sokagi), tourisme oblige.


D'autres ont été grossièrement peinturlurées, pour faire illusion.


Dans le vieux quartier de Kucukpazar, on trouve quelques rangées de maisons tout à fait honorables et relativement bien entretenues ...


mais le plus souvent, ces maisons sont terriblement déglinguées

 


 

et le plus étonnant est qu'elles soient encore habitées comme en témoignent les paraboles sur les toits, les pots de géranium ou le linge aux fenêtres.


 


Il y a quelques années, les médias occidentaux s'étaient mobilisés pour sauver les "hutongs" de Pékin. Des mesures ont été prises par la municipalité d'Istanbul pour préserver l'habitat traditionnel stanbouliote, mais elles sont apparemment insuffisantes. Car de toute évidence il ne s'agit pas seulement d'architecture, mais d'urbanisme et de façon plus générale de problématique sociale : ce sont souvent les immigrants de fraiche date qui trouvent  à se loger dans ces vieilles maisons, et ils n'ont, pas plus que leurs propriétaires,  les moyens  et l'envie de les entretenir.

05 juillet 2014

Les Îles des Princes

Le voyage vers les Iles des Princes, comme la croisière le long du Bosphore, fait partie des excursions obligatoires. Mais nous n'avons pas eu le temps (peut-être pas l'envie non plus) d'intégrer les deux dans notre emploi du temps.

Nous avons opté pour Büyükada, la plus grande des Iles des Princes et la dernière sur le trajet du ferry. S'éloigner d'Istanbul en bateau est sans doute une des meilleures façons de comprendre la géographie de cette ville et le trajet lui-même jusqu'à Büyükada est extrêmement plaisant.


Le débarquement paraît un peu frénétique et nous en comprenons vite la raison : il s'agit de se précipiter pour obtenir sa place dans une des innombrables calèches qui sillonnent l'île puisque c'est, en dehors du vélo et des pieds, le seul moyen de locomotion. Spectacle surprenant que ces centaines de calèches, de chevaux, de cochers dont le manège est parfaitement réglé.



Mais c'est de toute façon à pied que s'effectue la dernière partie du chemin qui mène au monastère Saint Georges, but ultime de notre escapade.

La montée est rude, surtout sous le soleil de midi, mais la ravissante petite chapelle orthodoxe méritait effectivement tous nos efforts : un havre de fraîcheur, sous une voûte couleur du ciel, un encombrement baroque et pourtant naïf, une vitrine remplie d'ex-votos - des montres... pourquoi des montres ?  - et quelques fresques extrêmement colorées.

Une fresque sur un mur a retenu plus que les autres mon attention mais, en bonne iconoclaste, je suis restée perplexe devant cette image qui m'a semblé relever de la bande dessinée autant que de l'iconographie religieuse : un bonhomme surpris en pleine séance de rasage, avec de la mousse sur le visage et qui ouvre sa chemise pour montrer... son coeur ? un tatouage ? A ses côtés un clown en habit bicolore...  Il y a bien, au dessus,  une inscription apparemment en grec ancien mais qui ne m'aide en rien.

Décidément, à qui ne possède pas les clefs, l'art religieux n'est pas plus facile à comprendre que l'art contemporain !

La découverte de cette ravissante chapelle était déjà une récompense;  les nourritures terrestres proposées  à l'ombre des pins et la vue époustouflante depuis la terrasse nous ont vite fait oublier l'exténuante ascension.


Une journée à Büyükada, un plaisir à ne pas manquer !

PS : à la recherche d'informations sur ce monastère au sommet de l'île, je suis tombée sur la page d'un webmagazine qui m'a l'air tout à fait intéressant :
http://plaisirsdebouche.com/2012/11/04/istanbul-les-iles-des-princes-une-respiration-loin-du-tumulte-stambouliote/



Les Faïences d'Iznik

Il y en a partout ! Sur les murs des plus humbles mosquées comme sur ceux des mosquées les plus glorieuses, sur les murs du palais de Topkapi comme sur ceux du restaurant Pandelli !

Ce sont les faïences d'Iznik.


Leurs couleurs sont en nombre limitées, avec une dominante de bleus et de verts, le rouge étant introduit un peu plus tardivement.






Les motifs, essentiellement végétaux sont innombrables. Ils peuvent être composé sur un seul carreau ou se développer sur deux ou quatre carreaux, voire beaucoup plus.



Les céramiques d'Iznik sont parfois utilisées pour composer des frises ou, plus rarement, de véritables tableaux ...

 


On retrouve ici et là un motif de tulipe. Originaire d'Asie mineure, avant de faire la fortune des Hollandais (et la première bulle économique ! ), la tulipe était la fleur préférée des Sultans et elle est désormais la fleur fétiche d'Istanbul, qui plante chaque années plusieurs millions de bulbes et lui consacre en Avril un festival.