12 octobre 2015

Un soir à Gallipoli


Au hasard des rues, vespa noire et vespa blanche..


Ombres et lumières sur les murs du vieux châteaux


Au dessus des murs, la rencontre inattendue de la croix et du croissant.


Reflets dans l'eau. Jamais ville n'a été plus paisible.





09 octobre 2015

Un matin à Gallipoli

Quand, aux journées très chaudes succèdent des nuits nettement plus fraiches, au petit matin la brume est épaisse sur le port de Gallipoli.


Mais dès que la lumière perce la brume, la mise au point se fait, les formes sont de plus en plus nettes, les couleurs se devinen, un peu de bleu sur le pont d'une barque ...


 Sur les quais du port, au pied des murailles, les pêcheurs préparent leurs filets.


 Les couleurs sont violentes, hyper saturées.


La brume s'accroche encore dans les hauteurs, mais sur la mer, il faut beau et clair. La journée peut commencer.




08 octobre 2015

Les Chansons que mes frères m'ont apprises




Peut-être pas un grand film, mais un bon film, un très bon film. Un de ces films qui marquent bien au-delà du temps passé devant l'écran

Les Chansons que mes frères m'ont apprises montre la difficulté que les Indiens (Native Americans pour être politiquement correcte) ont à vivre dans les réserves où ils ont été confinés , autant que la difficulté qu'ils ont à les quitter.

J'avais toutes les raisons d'aller voir ce film puisqu'il se passe dans la réserve de Pine Ridge, dans le Sud Dakota, celle-là même où Dan O'Brien fait paître ses bisons en hiver. Et les paysages des Badlands à eux seuls valent bien le déplacement. Mais le plus important dans le film, ce sont bien sûr les personnages, les liens qui existent entre eux et qui se manifestent autant par les regards et par les gestes que par les paroles. La cinéaste procède un peu à la manière des impressionnistes, c'est-à-dire par petites touches; jamais de longues séquences, jamais de long travellings ou de mouvements de grues spectaculaires : la caméra reste au plus près des personnages. Au plus près de l'humain.


Le thème du film est très proche de ceux que traite Sherman Alexie dans ses romans, mais alors que l'écrivain joue souvent la carte de l'humour, de l'ironie voire du sarcasme, Chloée Zhao lui préfère celle de l'empathie et de la tendresse.

Le nom de la réalisatrice m'intriguait : Chloé Zhao  !  Elle est effectivement chinoise et les interviews que j'ai pu lire expliquent sa fascination  pour les Lakotas de Pine Ridge.

"I was born in Beijing and left home when I was fourteen. I have been moving from places to places ever since. There isn’t a place in the world that I cannot just uproot myself and leave behind. Home, to me, is merely a concept. And I find myself often exploring its meaning in my films.
One of the most common questions people ask when they hear about Pine Ridge is “why don’t they just leave? If life is hard, why don’t they just leave the reservation?” I used to wonder the same, consider that I have managed to move to new places all the time. Once I spent enough time and got to know the Lakota people on Pine Ridge, I was intrigued and almost jealous of their deep attachments to their homes, their families, communities and their land. That bone-deep attachment also has its consequences and I also got to see the struggles they have to endure because of it. What I once thought was a simple answer turned out to be too complicated to put into words. So I made “Songs” to explore this difficult question – “how do you leave the only place you’ve ever known?”"

http://songsmybrotherstaughtme.com/
http://www.telerama.fr/cinema/chloe-zhao-j-ai-perdu-toutes-mes-illusions-sur-le-cinema-independant-americain,130987.php


Santa Maria di Leuca

Pourquoi descendre jusque-là, au bout du bout du talon de la botte italienne ?
Pour le pélerinage à la "basilica di Santa Maria de finibus terrae" ? Pas vraiment et puis ce n'était pas la saison, mais comment résister à un nom qui sonne si bien aux oreilles, et aux histoires que ce promontoire a fait naître :  Enée peut-être, y aurait débarqué après sa descente aux Enfers et Saint Pierre, sûrement, lorsqu'il quitta la Palestine pour venir évangéliser Rome ! Et la Vierge à qui la basilique est consacrée aurait sauvé des marins d'un effroyable naufrage, précisément le 13 Avril 365 ! A momins que ce ne soit du " terremoto-maremoto" du 21 Juillet de la même année ...
Il y a des lieux comme cela qui appellent les légendes !

A Santa Maria di Leuca, dans la grande chaleur de midi qui efface toutes les ombres, j'ai surtout vu un immense espace vide  qui me faisait penser, je ne sais trop pourquoi, à un tableau de De Chirico : les arcades, la colonne au milieu et sur la droite (mais n'entrant pas dans la photo) le phare - qui, hélas, ne se visite pas.


 Dommage. Si j'avais pu monter jusqu'à sa plateforme j'aurais peut-être aperçu la Grèce ou l'Albanie ...

Sur notre globe, la fin de la terre n'est jamais qu'une illusion; il y a toujours plus loin, une autre terre...

 









 La ville de Leuca, située en contrebas, est une de ces villes balnéaires qui se sont développées au XIXe siècle. 
On y voit toutes sortes de villas, dans les styles les plus divers







 Classique et vaguement italianisante ...


vaguement mauresque


ou avec un petit air chinois !


Mais le plus important pour s'imaginer vraiment au "bout de la terre" ce sont les palmiers !


07 octobre 2015

Les Pouilles, région balnéaire




L'Adriatique d'un côté, la mer Ionienne de l'autre :  trop facile d'accéder à la mer quand on voyage dans les Pouilles.
Trop facile ? Pas forcément car la loi littorale n'existe apparemment pas en Italie et il est parfois compliqué de trouver le bon chemin vers la plage.


 Mais à Gallipoli, la plage est dans la ville. A Otranto aussi.


Et à Santa Maria al Bagno !
Fin de saison. Ici on replie les parasols; là on profite de la chaleur de l'air et de la fraîcheur de l'eau pour continuer la conversation.


Mais à côté d'Ostuni, le vent s'était levé. Et l'humeur n'était plus à la baignade.
Je crois pourtant que c'est comme cela que je la préfère, la mer ! 




06 octobre 2015

Gli olivi di Cocumola

Cocumola est un petit village à quelques kilomètres d' Otranto. Une région d'oliviers, comme toutes les Pouilles d'ailleurs.


Prendre un petit chemin au hasard c'est forcément se retrouver au milieu d'une plantation, 
dont le sol est soigneusement entretenu, ratissé


... les feuilles ramassées sont ensuite brûlées, ce qui donne un aspect un peu fantastique à ces arbres  ...




 ... dont le tronc est souvent torturé par les ans.



Certains de ces oliviers sont parfois pluri-centenaires ! C'est en tout cas ce que nous a affirmé le vieux monsieur que nous avons rencontré; il venait consolider un muret, gratter la terre, faire ce qu'il avait toujours fait et se désolait de voir les oliviers abandonnés parce que leur culture n'est plus assez profitable. Le monde a changé sans même qu'il s'en aperçoive et quand il s'est retourné, il était déjà trop tard.


Ulysse avait taillé son lit dans la racine d'un olivier. Et ce n'est que lorsqu' il le lui a rappelé que Pénélope a consenti à le reconnaître.
Et cette arbre extraordinaire ne servirait plus qu'à orner quelque méchant jardin du Nord ? Je ne suis pas loin de partager le chagrin de ce vieux monsieur.

04 octobre 2015

Lecce, citta contemporanea

Lecce est une ville universitaire, ce qui signifie qu'elle existe et qu'elle vit même en dehors du centre historique et que le tourisme n'est pas sa seule raison d'être.


On y trouve donc d'excellentes librairies, en particulier la Feltrinelli, qui offre en outre un espace de restauration très agréable. Qu'il s'agisse de prendre juste un café ou selon l'heure un sandwich ou une salade, jolie alternative aux fast-foods et autre pizzerias.

Je ne comprends pas pourquoi ce type de café-librairie existe partout, aux Etats-Unis, en Italie et pas en France ! Il est pourtant bien agréable de traînasser au milieu des livres, d'en feuilleter quelques uns, de prendre le temps de lire les quatrièmes de couverture et de se poser un instant avant de décider de ses achats.

Un peu à l'extérieur de la ville, ouverte sur la ville autant que sur le campus, installée dans une ancienne usine métallurgique, l'Officine Cantelmo est un devenue le centre culturel étudiant.

" Lo Student Center "Officine Cantelmo" è uno strumento di promozione e informazione, di socializzazione e di scambi culturali."

Effectivement quand nous y sommes passés ce matin là il y avait beaucoup de monde autour ... du bar, lieu d'échanges culturels, de socialisation et d'information par excellence !

La récupération de bâtiments industriels abandonnés pour les transformer en centres culturels et sociaux sera peut-être la marque du XXIe siècle. Je ne sais ce qu'en pensent les architectes, mais pour ma part je trouve la démarche intéressante.

A quelques rues de l'Officine Cantelmo, une autre usine est en cours de transformation : les anciennes Manifatture Knos hébergent  déjà un important centre cinématographique; d'autres locaux, laissés provisoirement en l'état servent à la fois d'ateliers et de lieux d'exposition.



 Dans la cour,  le mur extérieur est, comme il se doit dans ces lieux dit 'alternatifs" couvert de graffitis et autres peintures murales.

Officine Cantelmo et Manifatture Knos  - comme les abattoirs de Toulouse ou de Madrid, la centrale électrique d'Istanbul ou les filatures de Lowell, pour ne citer que quelques lieux emblématisues que j'ai eu l'occasion de visiter - permettent de s'interroger sur le processus de réhabilitation de ces friches industrielles. Faut-il les transformer en musée pour témoigner des conditions de travail d'une époque désormais révolue ? Faut-il les réhabiliter et en changer radicalement la fonction au risque de les stériliser ? Faut-il se contenter de les sécuriser et laisser les artistes locaux y exercer leur créativité ?
Il n'y a certainement pas de réponse unique à ces questions mais il est intéressant de voir comment il y est répondu en fonction de la situation locale.

02 octobre 2015

Bondieuseries en tous genres

Un des charmes de Lecce tient aux petites boutiques, aux ateliers d'artisans que l'on découvre aux hasard des rues.
Ainsi cet atelier où sont fabriquées des statues religieuses.  En papier mâché ? Ou en plâtre peut-être... 
Drôle de capharnaüm, où l'on nous a gentiment invités à entrer.


Les statues les plus précieuses, ou les plus anciennes ont été mises sous cloche.  Visages de béatitude ? Malgré les auréoles je les trouve plutôt souffreteux. Mais l'un n'empêche peut-être pas l'autre.


Accrochés au mur, des morceaux de corps, des mains, un pied, une tête coupée ... Des ex-votos peut-être ? Non plus sûrement des échantillons du savoir faire de l'atelier


Mais il y a malgré tout dans l'atelier quelque chose de macabre que le sourire bienveillant de ce curé, miniaturisé mais parfaitement réaliste, ne parvient pas tout à fait à dissiper.  D'autant qu'à la porte de l'atelier nous attend, montée sur un mannequin de bois, cette tête de martyr, déjà auréolé mais portant encore la trace du coup qui lui a fendu le crâne !



01 octobre 2015

La passegiata : éloge du "far'niente"


Dimanche, fin d'après-midi.  Sur la place Sant'Oronzo,  c'est l'heure de la "passeggiata".

Un pianiste a installé son instrument et joue au milieu des passants indifférents...


mais il est écouté attentivement par ceux qui se sont assis en face, sur le mur qui borde l'amphithéâtre romain ou sur les marches de l'escalier qui mène à l'ancienne chapelle St Marc.


 La lumière est belle. La température agréable.
Chacun va et vient d'un endroit où il n'a rien à faire, à un autre endroit où il n'a rien à faire non plus.  Les enfants réclament un ballon ou une glace. Les grands songent à l'apéro...

La passeggiata est un rituel italien qui exalte la nonchalance et l'oisiveté. Un vrai savoir-vivre !







30 septembre 2015

Lecce ville minérale ?

La réputation de la pierre de Lecce tient aussi à sa couleur, qui selon l'éclairage peut paraître beige ou gris, et prend au soleil couchant, de jolies teintes rosées ou mordorées.



  





















De là à imaginer que Lecce est une ville toute minérale...


 Ce serait oublier les efforts de ses habitants pour introduire un peu de verdure ici et là, sur un rebord de fenêtre, un balcon, une terrasse...

 

Et puis il y a les cours intérieures, souvent dissimulées aux regards, mais où se plaisent palmiers, jasmins, orangers...
























De la cour au jardin il n'y a qu'un pas. Ce matin-là ils étaient 3 ou 4 jardiniers à désherber et surtout tailler pour maîtriser la végétation exubérante et sans cesse débordante de cette fin d'été.

 
Située tout au Sud de l'Italie, Lecce bénéficie d'un climat méditerranéen. Comme un rappel de cette situation, ces quatre fiers palmiers royaux dont la silhouette élancée domine la petite place insignifiante où ils ont été planté. Insignifiante au point de n'avoir pas de nom, la petite place en question se trouve à l'angle de la via Regina Isabella et via Giuseppe ... Palmieri ! 
Pas n'importe qui ce monsieur Palmieri (1721 - 1793) , né Marquis de Martignano (province de Lecce), riche propriétaire terrien, économiste averti, partisan des Lumières, qui prônait l'abolition du régime féodal napolitain et la distribution des terres aux paysans !