10 août 2009

Yang Yongliang

Quelques photos seulement de lui dans la série "Découverte" suffisent à convaincre du talent de ce jeune photographe né à Shanghaï en 1980.


De loin on est persuadé de se trouver en face de peintures chinoises anciennes , du genre "shan-shui" : des pics montagneux perdus dans la brume, une cascade, une rivière...
Mais lorsque l'on s'approche le paysage change radicalement : au lieu de roches sauvages, des amoncellements d'immeubles, de tours, de grues; au lieu des flots bouillonnants, des accumulations de voitures embouteillées. Les nuages eux-mêmes, "les merveilleux nuages", ne sont plus que le reflet de l'urbanisation frénétique de la Chine. La réalisation est d'une finesse, d'une subtilité extrême et le résultat totalement fascinant.


Héritier d'une longue tradition artistique chinoise, Yang Yongliang utilise la technologie la plus pointue montrer la Chine d'aujourd'hui et en souligner les contradictions. Intitulée Phantom Landscape cette série de photographies en noir est blanc, marquées des sceaux rouges traditionnels est remarquable et Yang Yongliang un artiste d'un talent certain.
Il est représenté - entre autres - par la Limn art Gallery de San Francisco.

09 août 2009

Michael Ackerman

Une autre excellente surprise d'Arles est la découverte du travail de Michael Ackerman.

http://www.visavisworkshop.com/images/ackermann.jpg

Dans le dédale du Capitole, une salle obscure où l'on pénètre en tâtonnant alors que se succèdent sur le mur des photos en noir et blanc : paysages enneigés, forêts noyées dans la brume, de vieux wagons oubliés sur des rails, un arbre mort, une silhouette, un portrait ....
Half Life est le titre de l'oeuvreIl faut s'asseoir, regarder, se laisser emporter par la succession de ces photos mystérieuses, inquiétantes peut-être... Une histoire à reconstituer, mais quelle histoire ?

L'oeuvre est intitulée Half Life.

Les images défilent, parfois brouillées ou effilochées comme de très vieilles photos...
Un très vague souvenir surgit du fond de ma mémoire, celui du film de Chris Marker, La Jetée. Mais alors que le cinéastes construisait un récit, bande son à l'appui, ici, l'histoire est à construire, le récit à inventer. A chaque spectateur de donner, s'il le désire, un sens à la succession de photos.

J'aime bien cette liberté devant l'image. J'aime bien que l'image suggère sans imposer.

Vous trouverez sur le site de l'agence Vu quelques unes des images de Michael Ackerman.

04 août 2009

Jean-Christian Bourcart


http://www.connaissancedesarts.com/fileadmin/media/images/portfolio/Arles/4bourcart.jpg

Je me plaignais hier du petit nombre de découvertes faites à Arles.
Parmi les noms que j'ai retenus , il y a néanmoins celui de Jean-Christian Bourcart, exposé deux fois il est vrai, au Capitole et à l'Atelier de mécanique J'ai surtout retenu son travail sur Camden (New Jersey), considérée comme la ville la plus violente des Etats-unis.

Les photos sont crues, brutales : maisons éventrées, junkies, prostituées... Pas besoin de commentaires, les images parlent d'elles-mêmes. Photo-journalisme plus que photos d'art ? De toute façon je n'ai jamais bien compris où était la limite.
Il faut, à n'en pas douter un certain courage pour s'aventurer dans ces quartiers en perdition où survivent plus que ne vivent les laissés pour compte de la société américaine. Néanmoins, ces photos me mettent mal à l'aise; je ne sais pas bien pourquoi. Elles prétendent témoigner, voire dénoncer un état de fait et sont, à ce titre, culpabilisantes. Mais la culpabilité éprouvée - fugacement - devant les cimaises ne saurait remédier aux dysfonctionnements de la société.
D'autre part, il y a, me semble-t-il, quelque chose d'impudique à dévoiler et exposer ainsi l'intimité des gens, même si les photos ont été prises avec leur consentement.

Impudeur ? Culpabilité ? Au moins les photos de Jean-Christian Bourcart ne laissent pas indifférent !

03 août 2009

Arles 2009

Je suis revenue un peu déçue du festival photos d'Arles, mais entre abstraction et figuratif... la déglingue des lieux d'exposition continue de me fasciner.












Côté photographies, il y avait bien sûr quelques grandes pointures : Willy Ronis, Lucien Clergue, Martin Parr, Nan Goldin... Mais ce n'est pas forcément pour eux que l'on se rend à Arles. Pour ma part j'y vais surtout pour découvrir de nouveaux noms, des photographes dont je n'ai pas encore entendu parler. Mais la moisson cette année a été plutôt maigre.

01 août 2009

Sarah's Window

Le livre était sur mes étagères depuis un certain temps. Je ne sais pourquoi j'ai tant tardé à le lire. Peut-être parce que Janice est mon amie et que j'avais peur de ne pas aimer son livre. Mais, ouf ! ce n'est pas le cas.

Sarah's window de Janice Graham est une romance sentimentale : il y a donc nécessairement un "il" plein de charme et de talent, une "elle" aussi généreuse que séduisante, et, entre les deux, bien des différences et bien des empêchements. C'est, depuis Roméo et Juliette, pour les anglophones, depuis Tristan et Yseut pour les francophones, la trame convenue de toute romance sentimentale. Les variantes sont multiples mais ce qui compte avant tout, c'est le talent de l'auteur : de toute évidence, Janice sait comment capter l'intérêt de ses lecteurs en plantant son décor, en typant ses personnages et en les faisant évoluer au fil d'une intrigue habilement menée.

Mais, une romance dans les Flint Hills du Kansas, c'est au fond terriblement "exotique", au sens propre du terme, car qui connaît ces étendues à perte de vue, ces ciels immenses, ces jeux incessants de lumière sur des prairies si vertes qu'elles en paraissent bleues à force de se perdre dans les lointains.


Si cela ne vous dit toujours rien, allez chercher sur les cartes; vous y trouverez Bazaar, ( 50 habitants), Cassoday (95 habitants ) et même le Cassoday café : Good food and gossip ! Exactement comme dans le roman !



Hélas, je viens d'apprendre que le restaurant est désormais fermé : il a été endommagé par un incendie et sa propriétaire, Dianna Carson, est morte l'an passé. Certes, le roman en prolonge le souvenir mais j'aurais bien voulu y passer pour vérifier par moi-même ce qu'en dit Janice !

Sarah's window est traduit en français sous le titre Les Saisons du désir (nettement plus racoleur !) et disponible aux éditions Pocket, mais tant qu'à faire pourquoi ne pas essayer de le lire en anglais. Il est plus facile de se mettre dans l'ambiance quand on lit en VO et les occasions de voyager par roman interposé au fin fond du Kansas et de l'Amérique ne sont pas si nombreuses.

Pour ma part je vais me plonger dans le troisième roman de Janice, The Tailor's daughter, que je viens tout juste de commencer : l'Angleterre victorienne, les tailleurs de Saville Row à Londres ... loin, bien loin du Kansas !

28 juillet 2009

Lire devant la mer

Lire
S'absorber dans sa lecture
Lever la tête
S'absorber dans la contemplation du paysage
Lire encore

Pour peu que le livre soit bon, le plaisir est ... divin ?
Non !
Sans fin ?
Hélas non, mais délicieux !


Quelques livres trouvés sur place, d'autres emportés avec moi, ou empruntés à la bibliothèque... Lectures de vacances, légères, sans prise de tête, mais pas dénuées d'intérêt.

Peter May, Cadavres chinois à Houston
Le quatrième de la série, mais cette fois c'est Li Yan, le beau détective chinois qui retrouve aux Etats-Unis la séduisante Elizabeth Campbell, médecin légiste. Cela commence par un "banal" traffic de clandestins mais lorsque l'on découvre sur les cadavres d'étranges traces de piqures... l'affaire devient nettement moins banale et par ces temps de virus galopant ...

Pendant ce temps...
La mer et la plage au début du jour, quand les ombres s'allongent démesurément sur le sable ...


Françoise Hardy, Le désespoir des singes et autres bagatelles
Amours, chansons, astrologie... histoire d'une vie, professionnelle et sentimentale. L'une faite de succès inespérés, l'autre d'échecs attendus. Parfait sans doute pour les fans de Françoise Hardy, mais le genre autobiographique me laisse toujours perplexe. Est-il vraiment indispensable de déballer sur la place publique tous ses secrets d'alcove ?
Impudique par définition, l'exercice a sans doute pour objectif de prévenir toute enquête biographique à venir. Au moins, ici, les informations sont de première main !

Et la mer inlassablement pousse ses flots ...


Mary R. Ellis, Wisconsin
Un roman américain comme je les aime, bien ancré dans une région, dans un milieu social. On dirait presque du Zola !
Le récit commence en 1967. Bill est encore enfant quand son frère s'engage pour le Vietnam, moins par patriotisme que pour fuir un père, violent et alcoolique et une mère, impuissante à contrôler la situation et dépressive. Le jeune enfant grandit, hanté par le souvenir de son frère disparu dans la tourmente de la guerre mais épaulé, soutenu par les Morisseau, un couple de voisins sans enfants. Rudesse du climat, rudesse des moeurs : si ce n'était pour Elvis Presley, auquel James essaye tant de ressembler, on se croirait revenu au temps des pionniers !

Déjà couché le soleil colore de rose le ciel et la mer.



Mélanie Wallace, La Vigilante
Un autre roman américain situé cette fois dans un Etat de la côte Est, le New Hampshire peut-être ou bien le Maine. Une fille et son chien, une adolescente vagabonde qui revient sur les terres de ses ancêtre, terres depuis longtemps englouties par les eaux d'un barrage.
Dans ce paysage de froid et de neige, des personnages durs, murés dans leur solitude, le souvenir de tragédies anciennes. Une vieille femme dont le petit-fils est mort au Vietnam, un trappeur qui, accusé de meurtre, a passé plusieurs années en prison, un braconnier au lourd passé, un gamin demeuré et violent qui erre dans la campagne, armé d'un couteau de cuisine ...
Ce pourrait être un polar; c'est un regard lucide sur une Amérique différente, miséreuse, illettrée, loin, très loin du "mythe américain" et autres "sucess stories".

Le soir qui tombe apaise doucement les vagues.


Douglas Kennedy, Quitter le monde
Bien que le romancier soit très populaire, surtout en France où il réside désormais, je ne l'avais jamais lu.
Le personnage principal du roman est une femme têtue, un personnage fort qui, obnubilée par une phrase malencontreuse prononcée alors qu'elle n'avait que 13 ans, s'obstine dans le malheur et la tragédie.
Quelle est la part du hasard et de la nécessité dans notre existence ? Quelles sont nos chances d'orienter ou simplement de modifier la trajectoire de nos vies ? Le roman de Kennedy est sous-tendu par cette interrogation, un peu trop évidente pour que l'on puisse se laisser prendre au seul plaisir du romanesque. Dommage.

Au petit jour, la mer a disparu, rongée par la brume



Naïri Nahapétian, Qui a tué l'ayatollah Kanuni ?
Un polar iranien pour ne pas laisser croire que je ne lis que des romans américains et parce que le polar est la meilleure façon de faire passer, sans en avoir l'air, bien des informations sur l'état d'un pays.
A quelques semaines des élections présidentielles de 2005 - celles-là même qui ont mené Ahrmadinejad au pouvoir - un juge tout puissant a été assassiné. C'est le prétexte que l'auteur utilise pour mettre en scène plusieurs personnages représentatifs de la société iranienne, beaucoup plus diversifiée qu'on ne l'imagine et pour suggérer la complexité des enjeux politiques à l'intérieur même du pays. Instructif sans être rasoir. Comme tout bon polar ethnologique.

Au fil du jour, la mer peu à peu l'emporte sur la brume.


"Like a craddle enlessly rocking"

La mer, éternellement recommencée.

25 juillet 2009

La Princesse en images

Innombrables sont les éditions de La Princesse de Clèves.
Innombrables aussi sont les illustrations.
Certaines, judicieusement choisies, d'autres moins, mais toutes elles induisent, a priori, une certaine idée du roman. Stratégies d'éditeurs ! Stratégies commerciales !

Le plus facile, le moins risqué : jouer de "l'éternel féminin". Portrait pleine page, visage grave et quasi intemporel.















En plan américain, le portrait s'inscrit mieux dans l'Histoire, celle de la cour d'Henri II, au beau temps de la Renaissance. Le costume permet d'insister sur le côté "collet monté" de la Princesse, qu'elle soit brune ou blonde ...
Un début d'interprétation ?





















Que contredit carrément la version "en pied", nettement plus libertine !
Erreur de sens flagrante pour attirer le lecteur ?


Au contre-sens, certaines couvertures ajoutent le délit de racolage en essayant de faire passer le roman de Mme de Lafayette pour un roman à l'eau de rose !
Autant prendre les lycéens pour des imbéciles !















La plus étonnante de toutes les couvertures est néanmoins celle de Folio classique.
Cette grenade, comme des lèvres ouvertes sur une cerise : sensualité, tentation de la chair ?
Ce globe fendu comme une pupillle : l'oeil de la conscience ?
L'image n'est pas facile à décoder ? Tant mieux puisque l'ambiguïté est dans le roman.


24 juillet 2009

La Princesse de Clèves

- On s'y remet ?
- Si tu veux.
- Avec La Princesse de Clèves ?
- NOOOON ! Pas la Princesse !
- Mais si !
- Pourtant l'autre a dit ...
- Il ne l'a pas lue. Qu'est-ce qu'il pourrait bien en dire...
- Mais toi-même, je t'ai déjà entendue...
- C'est vrai; je déteste ce personnage de chochotte, persuadée qu'elle vaut mieux que tout le monde alors qu'elle a juste la trouille.
- La trouille de quoi ?
- Ben de se coltiner avec la vie !

- Attends, ça va trop vite. On recommence, lentement, doucement. Si tu veux vraiment me faire lire le roman de Mme de La Fayette, il va falloir t'y prendre autrement.
- Soit ! Alors on se place en 1678. En plein âge classique.
- Tu veux dire le XVIIe siècle !
- Oui.
- Au fait, les grands auteurs du XVIIe, tu n'en as pas encore parlé. Ils ne t'intéressent pas ?
- Bien sûr que si, mais tout le monde les connaît...
- Quand même, j'aimerais bien que tu m'en parles !
- D'accord, mais une autre fois.
- Dans pas longtemps alors, parceque là, t'emmêles ma chronologie.
- T'as fini de râler ? Sinon on en prend pour trois plombes et je n'ai pas que cela à faire...
- Encore des bagages ? Tu vas où ?
- Nulle part et de quoi je me mêle ?
- Je me mêle, je m'emmêle....
- ...
- Bon, ça va, je t'écoute.
- En 1678 donc, est publié sans nom d'auteur...
- Un roman anonyme ? Mais je croyais ...
- Un court roman ...
- Court ?
- Oui, très court ! Mais si tu m'interromps sans arrêt, ça va être très long !
- D'accord je la boucle.
- Un court roman intitulé La Princesse de Clèves.
- ...
- Qu'est-ce que tu dis ?
- Rien ! J'ai rien dit !
- Bon d'accord, pas si court que cela : 268 pages dans ma vieille édition de poche. Mais les caractères sont assez gros !
- Encore heureux ! Et pendant que tu y es ? L'auteur, c'était qui vraiment ?
- Oui, je sais, on a prétendu que le roman n'a pas été écrit par Mme de La Fayette, mais par certains de ses amis comme La Rochefoucauld ou Servais et que du moins ils l'ont bien aidée... Mais on a dit aussi qu'Homère n'avait écrit ni l' Iliade ni l' Odyssée et que les pièces de Molière avaient été écrites par un autre que lui. Balivernes ! De toute façon qu'importe le nom sur la couverture, c'est le texte et lui seul qui compte. Certes, le texte de La Princesse de Clèves est un peu précieux parfois, et l'intrigue une peu trop "fabriquée", mais ce qui est passionnant dans ce roman, c'est que depuis plus de trois siècles, il y a toujours des lecteurs pour prendre parti pour ou contre la princesse.
- Vraiment ?
- Oui, vraiment. Un vrai sujet de dissertation : soit une femme mariée (dans quelles conditions, c'est à voir) qui n'est pas amoureuse de son mari, mais d'un autre, le Prince de Nemours qui lui même est follement amoureux de la princesse en question.
- Plutôt banale comme situation, genre roman à l'eau de rose.
- Jusque là sans doute.... Or la Princesse, au lieu de céder à sa passion, résiste et se refuse au Prince, du vivant de son mari - ce qui peut se comprendre - et même après la mort de son mari. Ce qui, tu en conviendras, est plus étonnant.
- En effet. Mais les moeurs de l'époque...
- Justement. Mme de La Fayette prend soin de suggérer que la société de l'époque acceptait, sans plus s'en offusquer, qu'une femme ait un amant . Ce ne sont donc pas les lois sociales ou mondaines qui ont retenu la Princesse de Clèves.
- Les lois morales ?
- Peut-être ... ou plutôt la haute idée qu'elle se faisait d'elle-même. "Suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant" disait Gide (bien que lui l'ait souvent descendue, la pente !) Quelque chose comme cela.
- Respect, non ?
- Oui, certains ont même parlé d'attitude janséniste à son propos, sauf que l' exigence "morale" de la Princesse a coûté la vie à son mari, a causé son propre malheur et celui du prince de Nemours. Un mort et deux vies gâchées. C'est un peu cher non ?
- Tu ne l'aimes pas beaucoup cette princesse.
- Pas trop. Parce que ce qui m'apparaît à chaque lecture, ce n'est pas l'aspiration vers le haut mais la peur de la vie.
- La peur de la vie ?
- Oui, quand tu liras le roman, tu verras que la Princesse de Clèves avait surtout peur de souffrir : peur que Nemours se lasse, peur qu'il ne l'aime plus et qu'elle soit horriblement malheureuse, peur qu'il en aime une autre et soit horriblement jalouse, peur de ne plus l'aimer un jour...peur de souffrir, tout simplement peur ! Il est vrai que sa mère n'avait cessé de lui parler de l'inconstance des hommes, de leur légèreté, de la brièveté de la passion....Tu vois, d'une certaine façon, elle est victime de son éducation. Elle n'a jamais réussi à se débarraser des préjugés que lui avait inculqués sa mère.
- ...
- Et bien ?
- Aspiration vers le haut ou peur de la vie? C'est bien ce que tu suggères ? Et comment je tranche moi ? Non, pas la peine, j'ai compris. Il faut que je lise ! Si je veux m'y retrouver dans ces arguties psychologiques, il faut que je lise La Princesse de Clèves.
- Après, tout, c'est le premier roman qui invite le lecteur à s'interroger sur nos vraies motivations, sur les vraies raison qui nous font prendre telle ou telle décision.... Plus j'y pense, plus sa lecture me paraît indispensable à tout individu responsable, quelle que soit sa place dans la société.
- Même Président ?
- Surtout Président !

23 juillet 2009

21 juillet 2009

Blés, vignes et houblons...

Si l'automne tient les promesses de l'été ...

La récolte sera bonne !

Et le vigneron pas mécontent !

20 juillet 2009

Enseignes alsaciennes




Difficile, quand on voyage en Alsace, d'échapper aux clichés tant le folklore y est prégnant.
Il n'est pas d'endroit où Hansi n'ait laissé son empreinte !


Mais à condition de fuir Riquewihr, ses boutiques à souvenir et ses hordes de touristes ... surtout un dimanche après-midi (!), l'Alsace a bien des attraits.





En particulier quand il s'agit de bien manger ...









et de bien boire ...


19 juillet 2009

Les roses



Elles sont chiffonnées, et même un peu fanées, mais leur couleur, rose poudré tirant légèrement vers le mauve... évoque je ne sais pourquoi un poème de Baudelaire.

[...] Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,

Où git tout un fouillis de modes surannées,

Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,

Seuls respirent l'odeur d'un flacon débouché.

18 juillet 2009

Le jardin de la ferme bleue

En allant à Uttenhoffen, j'espérais visiter un jardin bleu. C'est à dire un jardin rempli de fleurs bleues !

Pas tout à fait, hélas !
Le jardin que j'ai visité, est en réalité le jardin de la ferme bleue !
Qui a du charme c'est entendu; et même un certain nombre de fleurs bleues.... mais au moment où je suis passée, les seules fleurs vraiment bleues, c'étaient les chardons !

Déception donc, bien que l'ensemble soit quand même ravissant !









Et surtout très, trrrrès romantique !










Amateurs d'art, les propriétaires du lieu, ont installé dans leur jardin quelques éléments insolites mais bienvenus comme cette sculpture de métal rouillé, qui ressemble à un gros insecte au milieu de la verdure.


17 juillet 2009

Strasbourg

J'aime bien Strasbourg. Surtout en été quand les terrasses sont pleines de gens de toutes nationalités. On s'y sent en Europe, plus qu'ailleurs.

Mais je n'ai pas eu beaucoup de temps à consacrer à Strasbourg. Juste quelques heures pour son musée d'art moderne et contemporain, un beau bâtiment lumineux, dont le toit est surmonté d'un étrange et très beau cheval, oeuvre de Mimmo Paladino, un artiste italien, rattaché par les critiques, au mouvement trans-avant-garde qui dans les années 80 réagit contre les principes de l'art conceptuel.

C'est vrai que son cheval, sans être vraiment réaliste, n'est pas trop conceptuel ! C'est un cheval masqué, un cheval à tête d'oiseau, sorti d'un vieux récit mythique.

La collection permanente du musée de Strasbourg est intéressante mais en l'occurrence, ce sont les deux expositions temporaires qui m'ont passionnée.

Silences d'abord, sous-titrée Un propos de Marin Karmitz
Un labyrinthe blanc dans lequel on se perd aisément. Au détour d'un couloir, une ouverture... on se trouve soudain confrontée aux Enfants à leurs banc d'écoliers, évocation de La Classe morte produite en 1975 par Tadeuz Kantor, ce génial metteur en scène polonais, .
Et puis il y a les oeuvres toujours fascinantes, toujours perturbantes de Christian Boltanski, de Juan Munoz, l'igloo de verre de Mario Merz, la forêt de Giacometti... Et je suis restée longtemps devant l'installation vidéo de Chris Marker dont je n'ai jamais oublié La Jetée.
La réunion, ou plutôt la succession des oeuvres éveille la curiosité, amuse, effraie, révolte, ennuie, séduit, attire. A chacun son parcours dans le dédale proposé par Marin Karmiz. A chacun son Minotaure ?
Si vous n'avez pas l'occasion d'aller à Strasbourg, une petite visite sur le site de l'expo s'impose.

La seconde exposition Chromomix, des pigments aux pixels, la couleur dans l'art, est particulièrement ludique et tout à fait réjouissante. En mettant l'accent sur l'utilisation de la couleur par les peintres, en en particulier du jaune, les commissaires de l'exposition nous obligent à regarder les tableaux différemment. Ainsi je ne m'étais jamais rendu compte que l'éclat et la transparence des verres de Stosskopf provenaient de minuscules touches de jaune pur, à peine perceptibles à l'oeil.



Non tous les jaunes ne sont pas aussi subtils que ceux de Stosskopf !

Mais il ne me déplaît pas d'être parfois bousculée et si une exposition ne renouvelle pas notre façon de voir, elle n'a pas grand intérêt .

J'avoue qu'à Strasbourg, je me suis bien amusée avec les couleurs !

16 juillet 2009

Bebenhausen

Le monastère de Bebenhausen se trouve juste à côté de Tübingen.

Fondé au 12ème siècle, ce monastère fut un temps cistercien et n'a cessé d'être agrandi, embelli jusqu'à ... la Réforme. Transformé successivement en école, puis en pavillon de chasse il a fini par servir de résidence à Guillaume II et son épouse avant d'être classé monument historique.













Mouais... tout ça, l'histoire, l'architecture, le temps qui passe... c'est pas mal, il est vrai, mais sincèrement rien ne vaut le, ou plutôt les jardins du monastère.

Le long des murailles, fleurs, fruits et légumes se poussent du coude et dans le jardin de curé - un vrai, avec ses plates bandes disposées en croix - herbes aromatiques, médicinales et simples foisonnent dans un délicieux et odorant fouillis : angélique, sauges, mélisse, fenouil, menthe poivrée ...
Un peu plus loin, une plante-bande qui n'a d'autres fins que décoratives, ne joue pas pour autant les prétentieuses. Aucun paysagiste de renom n'y a mis sa griffe, mais le charme est indéniable.


Plaisir des yeux, plaisir des sens. Les parfums que l'on cherche à identifier, le goût acide des groseille, celui, plus doux des mûres et des framboises, celui des groseilles à maqueraux ... Plaisirs régressifs...

J'aurais dû prendre plus de photos de ce jardin, aussi enchanteur que celui de mon grand-père pour l'enfant que j'étais.