Pas question de manquer les soirées Bollywood du Méliès ! On y va pour le film autant que pour l'ambiance. Et Samedi dernier le programme annonçait un film avec le prodigieux, l'irrésistble Shah Rukh Kahn !
Oui mais voilà, l'ambiance cette fois-ci n'était pas tout à fait à la hauteur parce que le film Fan était moins frivole, moins clinquant, moins "bling bling" que ce qu'attendaient les spectateurs. Moins de chansons, moins de danses, moins de costumes et de décors extravagants. Fan est un film grave, en équilibre sur un fil.
C'est tout d'abord une extraordinaire performance d'acteur puisque Shah Rukh Kahn tient les deux rôles celui d'Aryan Khanna, la star de cinéma adulée par ses fan, et celui de Gaurav, le fan prêt à tout pour passer 5 minutes avec son idole et si déçu lorsqu'il se fait renvoyer, qu'il n'a de cesse de pourrir la vie de celui qu'il adorait. Le film commence bien comme une comédie légère, mais se termine en tragédie. Bien que le réalisateur n'hésite pas à recourir à la farce, et insère quelques cascades spectaculaires - dont l'une sur les toits de Dubrovnik ! - l'incapacité de ce jeune Indien, à vivre sa propre vie ne prête pas vraiment à rire.
Fan n'est pas un mauvais film, loin de là, ce n'est simplement pas le film que l'on attendait ce soir-là. Kahn, souvent audacieux dans ses choix de films, joue ici avec son image tout en mettant en garde ses fans contre le risque d'aliénation. Un film grave, engagé et pourtant signé Bollywood. Un pari somme toute réussi. Mais déstabilisant pour le spectateur.
03 mai 2016
01 mai 2016
When the levees broke
Hier un documentaire en salle, de 3h10. Aujourd'hui un documentaire en DVD de 4 heures (voir un peu plus si on ajoute les bonus !) Chronophage les documentaires ? Oui un peu, mais When the levees broke de Spike Lee est suffisamment passionnant pour qu'on prenne le temps de le visionner, ne serait-ce qu'en plusieurs fois.
When the levees broke est une vieille chanson que l'on doit à Kansas Joe McCoy et Memphis Minnie. Elle a été écrite après la grande inondation de 1927, et reprise en 1971par Led Zeppelin
"I works on the levee, mama both night and day, I works so hard, to keep the water away"
Mais l'on sait bien que cela n'a servi à rien.
When the levees broke : A Requiem in four acts est le titre que Spike Lee a choisi de donner à son film, sorti en 2006
Ce film est à la foirs un requiem, ET un réquisitoire. Car en alternant images d'archives prises pendant l'ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelle Orléans et une grande partie de la côte Sud des Etats-Unis en 2005, et images tournées sur place après la catastrophe, en alternant témoignages des victimes et interviews des responsables politiques de la ville et de l'Etat, le réalisateur maintient un juste équilibre entre émotion, empathie et explications, voire accusations. Car la catastrophe n'est pas un châtiment tombé du ciel pour détruire Babylone. Non, en réalité la Nouvelle Orléans a moins souffert de l'ouragan que de l'incurie qui a mené à l'effondrement des digues sensées protéger la ville, et aux inondations que les medias ont amplement documentées. Spike Lee est un homme engagé qui n'hésite pas à souligner le manque de réactivité des responsables, englués dans des rivalités politiques ridicules, des tergiversations sans fin au moment de la prise de décision, chacun - maire de la ville, gouverneur de l'Etat, agences fédérales - se réfugiant derrière les limites de leur statut.
Les images de la Nouvelle Orléans noyée sous des eaux putrides, les gens hagards dans l'attente d'un impossible secours, les foules laissées à l'abandon dans le Superdome ou le Convention Center, bien sûr on les a vues, bien sûr on les connaît. Dix ans plus tard, on les revoit avec le même sentiment d'effroi mais aussi de rage. Car la Nature, ce 28 août 2005 s'est révélée moins cruelle que les hommes. Et l'on continue de se demander comment L'Amérique, qui se vante d'être intervenue en moins de 48 à l'autre bout du monde pour venir en aide aux victimes du tsunami en 2004, a été incapable de porter secours à ses propres citoyens sur son territoire.
When the levees broke est une vieille chanson que l'on doit à Kansas Joe McCoy et Memphis Minnie. Elle a été écrite après la grande inondation de 1927, et reprise en 1971par Led Zeppelin
"I works on the levee, mama both night and day, I works so hard, to keep the water away"
Mais l'on sait bien que cela n'a servi à rien.
When the levees broke : A Requiem in four acts est le titre que Spike Lee a choisi de donner à son film, sorti en 2006
Ce film est à la foirs un requiem, ET un réquisitoire. Car en alternant images d'archives prises pendant l'ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelle Orléans et une grande partie de la côte Sud des Etats-Unis en 2005, et images tournées sur place après la catastrophe, en alternant témoignages des victimes et interviews des responsables politiques de la ville et de l'Etat, le réalisateur maintient un juste équilibre entre émotion, empathie et explications, voire accusations. Car la catastrophe n'est pas un châtiment tombé du ciel pour détruire Babylone. Non, en réalité la Nouvelle Orléans a moins souffert de l'ouragan que de l'incurie qui a mené à l'effondrement des digues sensées protéger la ville, et aux inondations que les medias ont amplement documentées. Spike Lee est un homme engagé qui n'hésite pas à souligner le manque de réactivité des responsables, englués dans des rivalités politiques ridicules, des tergiversations sans fin au moment de la prise de décision, chacun - maire de la ville, gouverneur de l'Etat, agences fédérales - se réfugiant derrière les limites de leur statut.Les images de la Nouvelle Orléans noyée sous des eaux putrides, les gens hagards dans l'attente d'un impossible secours, les foules laissées à l'abandon dans le Superdome ou le Convention Center, bien sûr on les a vues, bien sûr on les connaît. Dix ans plus tard, on les revoit avec le même sentiment d'effroi mais aussi de rage. Car la Nature, ce 28 août 2005 s'est révélée moins cruelle que les hommes. Et l'on continue de se demander comment L'Amérique, qui se vante d'être intervenue en moins de 48 à l'autre bout du monde pour venir en aide aux victimes du tsunami en 2004, a été incapable de porter secours à ses propres citoyens sur son territoire.
29 avril 2016
In Jackson Heights
Jackson Heights est un quartier situé au Sud de l'aéroport La Guardia, à l'Est de Manhattan, au Nord de Brooklyn, dans le Queens. Oui d'accord, il serait plus simple d'aller chercher une carte !
En vert, Manhattan, en orange Queens un 'burrough' populaire (et pas toujours bien famé). Trouvez le petit aéroport au Nord de Queens (le grand au Sud c'est JFK). Voilà, vous y êtes!
Jackson Heights, un quartier populaire auquel Frederick Wiseman consacre un documentaire. 3h10 ! C'est un peu long en effet. Et pourtant totalement passionnant.
On compte dans ce quartier 167 nationalités différentes. Plus de 80% des habitants parlent une autre langue que l'américain quand ils sont chez eux. Plus cosmopolite c'est difficile ! Et pourtant, ça marche !
L'absence de commentaire ne garantit qu'en apparence la neutralité de l'observateur. Car c'est le choix des images et le montage qui donnent sens au film. On découvre ainsi qu'il existe à Jackson Heights une multitude d'associations, confessionnelles, culturelles, sociales, parfois de simples groupes de paroles, qui permettent à chacun de s'informer, de s'exprimer et ainsi de mieux comprendre le monde qui l'entoure.

Ce que le réalisateur cherche à montrer c'est qu'il y a à Jackson Heights un esprit de quartier, un sentiment d'appartenance à un ensemble qui dépasse apparemment l'ethnie ou la religion.
On peut supposer qu'il existe aussi des tensions, des rivalités entre les communautés, mais ce n'est pas ce que le réalisateur choisit de montrer. En revanche il laisse clairement entendre les menaces qui pèsent sur le quartier car avant Jackson Heights il y a eu Brooklyn, puis Williamsburg, puis Bushwick. Autant de lieux transformés insidieusement, mais inévitablement, par la gentrification, ce phénomène qui pousse les "young professionnals" à chercher un habitat moins onéreux qu'à Manhattan quitte à modifier la sociologie d'un quartier. Jackson Heights reste encore un quartier populaire et multiculturel. Pour combien de temps ?
En vert, Manhattan, en orange Queens un 'burrough' populaire (et pas toujours bien famé). Trouvez le petit aéroport au Nord de Queens (le grand au Sud c'est JFK). Voilà, vous y êtes!
Jackson Heights, un quartier populaire auquel Frederick Wiseman consacre un documentaire. 3h10 ! C'est un peu long en effet. Et pourtant totalement passionnant.
On compte dans ce quartier 167 nationalités différentes. Plus de 80% des habitants parlent une autre langue que l'américain quand ils sont chez eux. Plus cosmopolite c'est difficile ! Et pourtant, ça marche !
L'absence de commentaire ne garantit qu'en apparence la neutralité de l'observateur. Car c'est le choix des images et le montage qui donnent sens au film. On découvre ainsi qu'il existe à Jackson Heights une multitude d'associations, confessionnelles, culturelles, sociales, parfois de simples groupes de paroles, qui permettent à chacun de s'informer, de s'exprimer et ainsi de mieux comprendre le monde qui l'entoure.

Ce que le réalisateur cherche à montrer c'est qu'il y a à Jackson Heights un esprit de quartier, un sentiment d'appartenance à un ensemble qui dépasse apparemment l'ethnie ou la religion.
On peut supposer qu'il existe aussi des tensions, des rivalités entre les communautés, mais ce n'est pas ce que le réalisateur choisit de montrer. En revanche il laisse clairement entendre les menaces qui pèsent sur le quartier car avant Jackson Heights il y a eu Brooklyn, puis Williamsburg, puis Bushwick. Autant de lieux transformés insidieusement, mais inévitablement, par la gentrification, ce phénomène qui pousse les "young professionnals" à chercher un habitat moins onéreux qu'à Manhattan quitte à modifier la sociologie d'un quartier. Jackson Heights reste encore un quartier populaire et multiculturel. Pour combien de temps ?
25 avril 2016
La Saison des femmes
Cela commence par une coupe de cheveux et cela finit par une coupe de cheveux ! Comme si l'émancipation des femmes ne tenait qu'à... un cheveu.
L'histoire se passe dans un village reculé du Gujarat, un village où depuis toujours les femmes sont sous la coupe des hommes et reproduisent elles-mêmes de génération en génération, le processus de domination masculine.
Leena Yadav a choisi de faire le portrait de quatre femmes, qui peinent à trouver leur place dans une société gouvernée par de vieilles traditions jamais remises en cause : une veuve et son fils adolescent en mal de virilité, une femme battue pas son mari, une prostituée qui fait la joie des villageois autant que la fortune de son souteneur, et une adolescente de 14 ans à qui on ne demande pas son avis pour la marier. L'argent ou plutôt le manque d'argent, l'éducation, ou plutôt l'ignorance, mais aussi la sexualité, l'amour, l'amitié, tous les sujets sont abordés, non pas dans un film revendicatif mais plutôt comme une lente montée vers la lumière, vers la liberté. Soumises au début du film, ces femmes, généreuses, solidaires et finalement lumineuses relèvent peu à peu la tête, en prenant conscience de leurs désirs et de leurs capacités.
Avant d'être un film militant, La Saison des femmes est un film indien qui flirte avec Bollywwod, par les couleurs, le rythme, l'énergie, mais sans tomber dans le bling-bling ni l'extravagance.
Un vrai joli film qui laisse le spectateur à la fois consterné, par ce qu'il révèle de la condition des femmes dans le Gujarat (et sans doute dans l'ensemble de l'Inde,) mais aussi rassuré par la capacité des femmes à faire bouger les lignes et surtout admiratif devant leur courage.
L'histoire se passe dans un village reculé du Gujarat, un village où depuis toujours les femmes sont sous la coupe des hommes et reproduisent elles-mêmes de génération en génération, le processus de domination masculine.
Leena Yadav a choisi de faire le portrait de quatre femmes, qui peinent à trouver leur place dans une société gouvernée par de vieilles traditions jamais remises en cause : une veuve et son fils adolescent en mal de virilité, une femme battue pas son mari, une prostituée qui fait la joie des villageois autant que la fortune de son souteneur, et une adolescente de 14 ans à qui on ne demande pas son avis pour la marier. L'argent ou plutôt le manque d'argent, l'éducation, ou plutôt l'ignorance, mais aussi la sexualité, l'amour, l'amitié, tous les sujets sont abordés, non pas dans un film revendicatif mais plutôt comme une lente montée vers la lumière, vers la liberté. Soumises au début du film, ces femmes, généreuses, solidaires et finalement lumineuses relèvent peu à peu la tête, en prenant conscience de leurs désirs et de leurs capacités.
Avant d'être un film militant, La Saison des femmes est un film indien qui flirte avec Bollywwod, par les couleurs, le rythme, l'énergie, mais sans tomber dans le bling-bling ni l'extravagance.
Un vrai joli film qui laisse le spectateur à la fois consterné, par ce qu'il révèle de la condition des femmes dans le Gujarat (et sans doute dans l'ensemble de l'Inde,) mais aussi rassuré par la capacité des femmes à faire bouger les lignes et surtout admiratif devant leur courage.
24 avril 2016
En Quatrième vitesse
Une femme court pieds nus sur une autoroute, nue sous son imperméable. Plutôt intriguant pour un début, non ? La voilà prise en stop, course poursuite, elle meurt en prononçant quelques mots... "remember me... " Celui qui l'a fait monter dans sa voiture, celui qui a été le témoin de sa mort, bien que détective professionnel, est vite dépassé par les éléments qu'il découvre au cours de son enquête.
Le film de Robert Aldrich - Kiss me deadly en anglais - est un de ces polars, noir de chez noir. On se perd un peu dans l'intrigue, le scénario n'est pas toujours bien ficelé mais qu'importe, tout est dans l'atmosphère, les images nocturnes et même les clichés (doulos et pardessus pour le privé, piscine et cigare pour le truand... ). Le final, spectaculaire, est tout à fait invraisemblable, mais une fois encore qu'importe, on est dans les années 50, en pleine guerre froide et l'Amérique est plus paranoïaque que jamais !
23 avril 2016
Elle et lui
A l'occasion du festival Play it again, le Méliès projetait le délicieux film de Leo McCarey, Elle et lui avec Gary Grant et Deborah Kerr.
Une chanteuse de cabaret et un playboy italien (tous deux dûment fiancés par ailleurs) se rencontrent au cours d'une traversée transatlantique en paquebot. Un temps suspendu entre deux continents ? Le temps de remettre en question - éventuellement - les choix initiaux.
Une chanteuse de cabaret et un playboy italien (tous deux dûment fiancés par ailleurs) se rencontrent au cours d'une traversée transatlantique en paquebot. Un temps suspendu entre deux continents ? Le temps de remettre en question - éventuellement - les choix initiaux.
Luxe, frivolité, insouciance... Deborah Kerr passe de robes de cocktail en robes de soirée, un
verre de champagne (rosé) à la main. Gary Grant est d'une
courtoisie exquise. Les dialogues sont plein d'esprits. Les situations souvent drôles d'autant que les deux personnages s'efforcent, tant bien que mal d'échapper aux potins du bord. Dans l'Amérique puritaine des années 50, on ne plaisante pas avec l'adultère, même si ni l'un ni l'autre ne sont officiellement mariés !
Amours, luxe, frivolité, insouciance.... le temps d'un film, c'est toujours bon à prendre. Surtout l'insouciance ! Un film à vous donner envie d'une traversée en paquebot. Tellement romaaaaantique !
22 avril 2016
Tadzio, Pras, Zachmann et Spengler à la MEP
Comme souvent à la Maison Européenne de la photographie, il y avait plusieurs photographes intéressants à découvrir, preuve de la diversité de la photo contemporaine.
Lumière Noire
Les monochromes noirs de Tazio ne sont monochromes que de loin parce quand on s'en approche on devine, puis on voit que chaque photo correspond à un détail architectural, à l'angle inattendu d'un
bâtiment.... Abstraites les photos de Lumière noire ? Pas vraiment mais presque. Une autre façon en tout cas de regarder la ville.
L'âge de fer
Fasciné par le monde de l'industrie, Alain Pras photographie lui, non pas des détails mais des ensembles gigantesques : usines à gaz, quais de débarquement, sites pétrochimiques, des sites qui ne sont plus à la mesure de l'homme bien qu'ils aient été construits par les hommes. Grands formats et couleurs déréalisent cet univers de métal perçu alors comme un ensemble de lignes et de formes.
... et son travail d'artiste avec des montages-collages parfois très kitsch autour de ses thèmes favoris et en référence à sa culture espagnole. Ces oeuvres se présentent comme d'étranges "ex-voto" baroques, ou surréalistes, une façon sans doute par la surcharge de couleurs, d'objets et de formes, d'exorciser la mort et de célébrer la vie !
D'autres photos de Christine Spengler sur ce site.
Lumière Noire
Les monochromes noirs de Tazio ne sont monochromes que de loin parce quand on s'en approche on devine, puis on voit que chaque photo correspond à un détail architectural, à l'angle inattendu d'un
bâtiment.... Abstraites les photos de Lumière noire ? Pas vraiment mais presque. Une autre façon en tout cas de regarder la ville.
L'âge de fer
Fasciné par le monde de l'industrie, Alain Pras photographie lui, non pas des détails mais des ensembles gigantesques : usines à gaz, quais de débarquement, sites pétrochimiques, des sites qui ne sont plus à la mesure de l'homme bien qu'ils aient été construits par les hommes. Grands formats et couleurs déréalisent cet univers de métal perçu alors comme un ensemble de lignes et de formes.
So long China
Patrick Zachmann arpente la Chine depuis 30 ans, il la connaît bien et pourtant, en revenant sur des lieux déjà parcourus, il continue de s'étonner devant la rapidité des transformations. Comme si son sujet ne cessait de lui échapper. La juxtaposition des photos d'hier et d'aujourd'hui souligne en effet non pas la permanence d'une identité chinoise, mais son impermanence. Pas de "Chine éternelle", mais des Chine (s) multiples, dans l'espace et dans le temps. La Chine photographiée hier seulement n'existe déjà plus. Celle d'aujourd'hui à son tour sera effacée par celle de demain.
L'Opéra du monde
La rétrospective des photos de Christine Spengler présentée à la MEP, rend compte à la fois de son travail de correspondant de guerre, avec des photos en noir et blanc d'une extraordinaire prégnance...
... et son travail d'artiste avec des montages-collages parfois très kitsch autour de ses thèmes favoris et en référence à sa culture espagnole. Ces oeuvres se présentent comme d'étranges "ex-voto" baroques, ou surréalistes, une façon sans doute par la surcharge de couleurs, d'objets et de formes, d'exorciser la mort et de célébrer la vie !
D'autres photos de Christine Spengler sur ce site.
21 avril 2016
Les Mandarines
J'ai passé la moitié de la séance à me demander où exactement était l'Estonie, et la Georgie, et que faisaient les Tchétchenes dans cette histoire russe. Et puis surtout je me demandais s'il était possible qu'il y ait des plantations de mandarines dans ce pays de boue et de misère. Qui plus est en plein hiver. Et ce palmier incongru ...
Mais j'avais tout faux. Ce n'est pas tant le réalisme des images, souvent très belles, qui importe, ni même la réalité de la situation, que la portée du discours puisqu'il s'agit en fait d'un apologue tel que défini par Wikipedia.
"Le transfert d'une idée dans un récit fictif à valeur symbolique permet
de la rendre attrayante, l'apologue donne chair à des situations parfois
lointaines ce qui permet une identification aux personnages :
l'apologue séduit avant de faire réfléchir."
La vie et la mort, la guerre et la paix. Pas besoin de milliers de pages pour en parler. Zaza Urushadze a traité son sujet comme un huis clos, une affaire d'hommes exclusivement - juste la photo d'une jeune fille sur une étagère pour évoquer l'univers féminin - d'hommes vieux, qui savent et d'hommes plus jeunes qui n'ont encore rien compris.
Je ne sais toujours pas s'il y a des plantations de mandarines en Georgie. J'ai cessé de me poser la question. Je sais seulement qu'une récolte de mandarines, c'est très fragile. Si elles ne sont pas cueillies à temps, elles risquent de pourrir.
Les Mandarines est un beau film humaniste. Qui risque fort de passer inaperçu : il n'y avait que deux spectateurs dans la salle !
Pour un peu je paraphraserais la Soirée perdue de Musset : J'étais seule, l'autre soir au cinéma le Club. Ou presque seule. Le film n'avait pas grand succès? .... J'admirais quel amour pour l'âtre vérité, eut ce réalisateur si fier en sa naïveté....
Carambolages
Drôle d'exposition au Grand Palais ! Insolite, bizarre, rigolote, stimulante, ennuyeuse parfois...
Elle est construite comme un jeu, celui du Marabout : ... bout de ficelle, selle de cheval, cheval de course etc... mais au lieu d'enchaîner les mots, elle enchaîne les oeuvres les plus diverses en provenance de musées aussi différents que le Louvre, ou le Quai Branly quand ce ne sont pas des musées étrangers ou des collections particulières.
Pour apprécier l'exposition, il faut bien sûr accepter de jouer le jeu - sans le secours des audiophones, sinon c'est de la triche !
En dehors de ce titillement intellectuel, l'exposition est aussi l'occasion de découvrir beaucoup d'oeuvres qui n'ont jamais eu leur place dans des expositions plus traditionnelles; un exercice qui ne requiert pas une admiration béate et convenue devant des chef-d'oeuvre reconnus, mais plutôt curiosité et esprit de découverte. En tout cas, je me suis bien amusée !
20 avril 2016
Seydou Keita
Les photos de Seydou Keïta présentée au Grand Palais datent pour la plupart des années 50 c'est à dire de la fin de la période coloniale.
Ce sont des portraits posés, réalisés dans son studio, sur fond de tissus imprimé avec quelques accessoires, que l'on retrouve de photo en photo.
Chaque portrait - ils sont tous anonymes - est un mystère à déchiffrer : attitude, regard, choix de la pose, de l'objet, ici un poste de radio, là un sac à main...
Mais l'ensemble des portraits constitue d'une certaine façon une radiographie d'un moment particulier de l'histoire africaine, celui où l'Afrique bascule vers la modernité.
Ce sont des portraits posés, réalisés dans son studio, sur fond de tissus imprimé avec quelques accessoires, que l'on retrouve de photo en photo.
Chaque portrait - ils sont tous anonymes - est un mystère à déchiffrer : attitude, regard, choix de la pose, de l'objet, ici un poste de radio, là un sac à main...
Mais l'ensemble des portraits constitue d'une certaine façon une radiographie d'un moment particulier de l'histoire africaine, celui où l'Afrique bascule vers la modernité.
19 avril 2016
Des artistes chinois dans la turbulence des mutations : Isaac Julien
Le troisième artiste que j'ai retenu n'est pas chinois, il est britannique, mais l'installation Ten Thousand Waves présentée à la Fondation Vuitton a bien quelque chose de chinois puisque, partant d'un "fait divers'"- la noyade de 23 clandestins chinois ramasseurs de coquillages emportés par la marée en Angleterre - Isaac Julien, brasse des éléments de la culture chinoise traditionnelle, aux images évocatrice de la noyade mais aussi des circuits de l'immigration.
Le dispositif permet une immersion totale dans les images, ce que mes photos, hélas, rendent très mal.
Des artistes chinois dans la turbulence des mutations : Yang Fudong
Yang Fudong lui semble jouer avec des images plus ludiques, rétro,
décalées dans une installation vidéo où se succèdent des images de
jeunes chinoises au bord de la mer, poses de starlettes et de naïades,
dans un univers très coloré mais carrément fictif.
Le regard glisse d'un écran à l'autre, pris dans un tourbillon de couleurs, fasciné, hypnotisé par les mouvement filmés au ralenti. The Coloured Sky : New Women II, 2014 est une sorte de chromo nostalgique d'une Chine qui n'a jamais existé, ludique, sensuelle et insouciante à mille lieues de la réalité d'une Chine laborieuse et miséreuse dans sa très large majorité.
Le regard glisse d'un écran à l'autre, pris dans un tourbillon de couleurs, fasciné, hypnotisé par les mouvement filmés au ralenti. The Coloured Sky : New Women II, 2014 est une sorte de chromo nostalgique d'une Chine qui n'a jamais existé, ludique, sensuelle et insouciante à mille lieues de la réalité d'une Chine laborieuse et miséreuse dans sa très large majorité.
Des artistes chinois dans la turbulence des mutations : Zhang Huan
Le titre de l'exposition présentée par la Fondation Vuitton est un peu long, mais significatif : on y retrouve des artistes connus depuis un certain temps déjà, d'autres encore totalement inconnus. On se perd un peu dans le dédale de l'exposition, on est parfois contraint de demander son chemin pour s'y retrouver, trouver les cartels qui correspondent aux oeuvres. Et comme dans toutes les expositions d'art contemporain, le pire côtoie le meilleur ou plus exactement certaines oeuvres séduisent d'emblée, d'autres laissent de glace.
Le Long Island Buddha de Zhang Huan est ici présenté entre des murs blancs, alors qu'il est souvent installé dans des parcs, des jardins, en plein air. Dans une salle voisine sont accrochées d'immenses tableaux du même artiste, l'un représentant la place Tian Anmen sous un angle inhabituel (La Cité interdite n'est pas frontale et le portrait de Mao est invisible !). Le matériau lui aussi est inhabituel puisque les tableaux ont été réalisés avec de la cendre d'encens.
Plus conceptuels qu'esthétiques les oeuvres de Zhang Huan poussent à la réflexion sur la façon dont la Chine traite son peuple. Et en particulier les Tibétains.
Le Long Island Buddha de Zhang Huan est ici présenté entre des murs blancs, alors qu'il est souvent installé dans des parcs, des jardins, en plein air. Dans une salle voisine sont accrochées d'immenses tableaux du même artiste, l'un représentant la place Tian Anmen sous un angle inhabituel (La Cité interdite n'est pas frontale et le portrait de Mao est invisible !). Le matériau lui aussi est inhabituel puisque les tableaux ont été réalisés avec de la cendre d'encens.
Plus conceptuels qu'esthétiques les oeuvres de Zhang Huan poussent à la réflexion sur la façon dont la Chine traite son peuple. Et en particulier les Tibétains.
18 avril 2016
17 avril 2016
Mon cul, ma tête
Côté pile ou côté face, il est toujours aussi beau, le paon du jardin de Vizille. Un peu prétentieux peut-être puisqu'il n'a rien de mieux à offrir que "son cul et sa tête". Mais n'est ce pas souvent le cas de certains écrivains ou cinéastes ? Certains seulement. Et non, je ne les nommerai pas !
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