14 novembre 2008

On a failli oublier le pain !

Impossible de concevoir un repas iranien sans pain ! Et quel pain ! Un régal quand il est frais.
C'est pourquoi l'on ne s'étonne pas de voir de longues queues se former devant l'échoppe du boulanger qui fait cuire son pain devant vous.
En 3 mouvements et 1 minutes chrono !

Attention, ça va très vite : flip flop la pâte passe d'une main sur l'autre et s'étire un peu....







Dès qu'il a pris la forme attendue, le pain est déposé sur un moule en bois, plaqué à l'intérieur du four en pierre (le grand trou noir devant le boulanger) ...









... le temps de façonner une autre miche, la première est déjà prête, démoulée et remise au client qui s'en va la mine réjouie, son pain brûlant au bout des doigts.









Il est vrai qu'avec des fours plus sophistiqués, on peut fabriquer des pains plus sophistiqués ....

... voire des gâteaux comme ceux qui ont fait la réputation de Fuman.



Légers et sucrés, ils sont délicieux en effet.

Malgré tout, rien ne vaut le pain iranien de base, cuit contre la pierre chaude et que l'on casse en morceaux dans le bouillon du dizi par exemple, à moins qu'il ne remplace tout bonnement l'assiette sur laquelle on dépose les brochettes encore grésillantes.

13 novembre 2008

Sur la route


Nous avons visité Kerman le vendredi, jour de prière : bazar quasi fermé.
Toutefois, sous les arcades, ces grandes malles métalliques, indispensables au voyageur qui s'embarque pour la Mecque !

A défaut de malle, il suffira d'empiler quelques coussins sur le toit de la voiture !


Et quels que soient les bagages, pas question de partir sans avoir fait provision de pistaches, de préférences celles de Rafsanjan, supposées être les meilleures du pays ! Mais un sac entier cela fait peut-être beaucoup...


Alors on se contentera d'une poignée de fruits secs, dattes, abricots, petites prunes aigres...

12 novembre 2008

Dans les bazars iraniens

On y trouve, comme dans tous les bazars du monde, toutes sortes de choses.
Images faciles pour le voyageur : tant qu'il sagit d'objets, qui plus est, immobiles...
Photographier des visages, en revanche c'est une autre histoire !

Mais, pour vous mettre en appétit, que diriez vous de quelques olives et autres "pickles", dans des bocaux alignés comme à la parade ?

Et ensuite ?

Le poisson de la mer Caspienne, bien que sur le trottoir depuis ce matin a l'air encore frais !


Et dans ces sacs multicolores, on trouvera bien de quoi les accompagner : des lentilles, des pois chiche, des haricots blancs ....


Pour le dessert, rien de plus facile : ces clémentines, acidulées, juteuses... un régal vraiment ! Bien qu'à première vue on les ait confondues avec des citrons verts !


Ah! j'oubliais ! Pas de repas iranien sans thé ...
Mais voici déjà la théière !

11 novembre 2008

Puisque je suis dans les couleurs, les roses, les bleus... cette image du bazar de Shiraz que j'aime beaucoup.


Elle a été prise dans une partie du bazar où se retrouvent les Qashqa'i, peuple de nomades de la région de Fars. Les femmes Qashqa'i sont peut être voilées, mais elle ne portent pas le tchador et ne s'habillent certainement pas de noir ! Elles portent des jupes froufroutantes, scintillantes, multicolores, comme celles de la photo, se couvrent de bijoux. Plus ça brille et mieux c'est !
Je ne m'habillerai peut-être pas comme cela, mais dans un pays où le noir est partout de rigueur, quelle bouffée de liberté !

10 novembre 2008

Et maintenant du rose

Parce qu'à Shiraz, c'est la couleur qui domine, pas seulement la couleur d'ailleurs, mais aussi la fleur. On la trouve partout : sur les murs des mosquées, sur les murs du bazar, et bien entendu, sur les murs des mausolées de Hâfez et de Saadi.

Le premier est un poète du XIVe siècle, poète de l'amour, mais surtout poète d'inspiration mystique. L'amour dont il parle est donc autant charnel que mystique. Il est encore très lu et très apprécié aujourd'hui et l'on dit que les Iraniens ont coutume, lorsqu'un problème les embarrasse d'ouvrir le livre d'Hâfez au hasard et de trouver dans le poème ainsi lu, une réponse à leur question.
Le second est un poète du XIIe siècle, auteur du Golestan que l'on traduit par .... Le Jardin des roses.
Ils sont tous les deux nés à Shiraz et leurs mausolées sont parmi les lieux les plus fréquentés et les plus agréables de la ville.





































Le rose est donc la couleur de Shiraz et quand la lumière joue dans les vitraux de la mosquée Nasir-ol-molk, c'est toute la salle de prière qui se teinte de rose.




Mais à vrai dire, les mosquées que je préfère ne sont ni bleues, ni roses, elles sont couleur de terre. Je vous en reparlerai un autre jour....

07 novembre 2008

Pourquoi tant de bleu ?

Et en particulier ce bleu turquoise que l'on retrouve sur toutes les mosquées d'Iran mais aussi d'Ouzbekistan ?
Et parfois même dans les bazars, comme ici à Kashan ?

Je me suis longtemps posé la question et n'y voit que deux réponses possibles.

Ce bleu est probablement obtenu avec des pigments que l'on trouve communément en Asie centrale.Mais cette hypothèse géologique ou chimique ne me séduit qu'à moitié.

Je préfère imaginer que, dans ce bleu, couleur d'eau vive, les Iraniens retrouvent la fraîcheur des bassins qui ornent leurs jardins.




06 novembre 2008

Se perdre dans le bleu







































Mais tous les bleus ne se ressemblent pas !

Cela dépend de l'heure, de l'âge de la mosquée, du talent des mosaïstes ...
Sur le portail de l'Imamzadeh-ye Abd al-Samad, à Natanz, les mosaïques sont très anciennes.
Elles jouent sur deux tons de bleus et l'ocre de la terre, avec un petit côté rudimentaire qui fait tout leur charme, loin de la sophistication des mosaïques de la Mosquée Jameh de Yazd , présentées dans mon précédent billet.





Et pour changer du bleu turquoise...

... voici un autre bleu, plus fort, plus intense; un bleu... de Perse.
Sur carreaux émaillés ! parce que les mosaïques, c'est vraiment très long à composer !
Et Shah Abbas n'avait pas la patience d'attendre : l'âge venant, il craignait de ne jamais voir sa mosquée achevée !


05 novembre 2008

5 heures du mat !

La nouvelle qui vient de tomber cette nuit était attendue par le monde entier, en Iran comme en France et plus encore aux Etats-Unis.
Avec tous mes amis américains, je me réjouis, tout en sachant que le chemin sera rude. Mais l'espoir du changement, c'est déjà presque le changement .

Les roses d'Ispahan

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse,
Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l'oranger
Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce,
O blanche Leïlah ! que ton souffle léger.

Ta lèvre est de corail, et ton rire léger
Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce,
Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger,
Mieux que l'oiseau qui chante au bord du nid de mousse.

Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse,
La brise qui se joue autour de l'oranger
Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce
Ont un charme plus sûr que ton amour léger !

O Leïlah ! depuis que de leur vol léger
Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce,
Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger,
Ni de céleste arôme aux roses dans leur mousse.

L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse,
Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ;
L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce,
L'aube ne dore plus le ciel pur et léger.

Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger,
Revienne vers mon coeur d'une aile prompte et douce,
Et qu'il parfume encor les fleurs de l'oranger,
Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse !

Charles-Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894)

04 novembre 2008

Jardins iraniens

Les jardins iraniens, comme tous les jardins du monde, sont plantées de fleurs : des roses à foison, un peu desséchées en cette fin d'octobre et couvertes de poussière comme il sied à des roses qui s'obstinent à pousser dans ces terres arides.
Mais le charme des jardins iraniens tient à la présence de l'eau, si fraiche, si claire, si inattendue au milieu du désert.


Quel plaisir de pouvoir, à toute heure du jour, venir s'y promener, dans l'ombre fraiche des cyprès et des platanes et d'entendre le bruit cristallin des jets d'eau. A Mahan comme à Kashan le coeur du jardin c'est d'abord son bassin !


"Imaginez que quatre jours durant, en plein été, vous traversiez une plaine à dos de bête; vous arrivez devant une barrière de montagnes enneigées et vous franchissez le col; au sommet du col vous voyez une autre plaine, et une autre barrière montagneuse dans le lointain, à cent cinquante kilomètres de là; vous savez que par -delà ces montagnes il y a encore une plaine, et puis une autre, et une autre encore; et que pendant des jours et même des semaines, il vous faudra avancer, sans ombre, avec le soleil au-dessus de la tête, le long d'une piste jonchée des os blanchis d'animaux morts. Alors quand vous trouvez enfin des arbres et une eau courante, vous appelez cela un jardin. Ce n'est pas de fleurs aux couleurs vives dont votre oeil a envie, mais d'une caverne pleine d'ombre, avec des bassins où filent des poissons rouges, et un bruit de ruisseau. Voilà ce que signifie un jardin en Perse, dans ce pays où la longue et lente caravane est une réalité de tous les jours, et non une image romantique."

Vita Sackville-West, Une Anglaise en Orient


03 novembre 2008

Le désert cultivé


De loin on ne voit que l'immensité des ces vallonnements : terres sauvages, arides et sans espoir.
Mais, presque imperceptibles, la trace des sillons et comme un frémissement vert, souvenir d'une terre qui au printemps était cultivée et au printemps prochain reverdira.

02 novembre 2008

Paysages

Pour changer un peu des considérations-élucubrations socio-politiques sur l'Iran, quelques images bucoliques.

Paysages à la Kiarostami, paysages immenses, infinis, arides le plus souvent, mais pas toujours !

La lumière joue dans les feuillages, violente, écrasante au mitan du jour ...
et voilà pourquoi la plupart de mes photos sont surexposées !





01 novembre 2008

Portes ouvertes

Certaines portes semblent bien fatiguées : les couleurs sont passées, le heurtoir a disparu et la serrure n'est plus qu'un trou béant. Ce sont de vielles portes qui ont beaucoup servi. Car les Iraniens sont particulièrement hospitaliers et n'hésitent guère à ouvrir leur porte, même à des étrangers.



















Vous passiez devant leur porte et c'est jour de grande lessive ! Qu'importe, on vous invite à entrer pour constater que les quatre filles et leur mère on vraiment fait du bon boulot ; maison vidée, les murs, les sols ont été lessivés et rien ne rentre qui n'ai été auparavant lavé. Un mois plus tard, elles recommenceront, car dans ce petit village du Kurdistan iranien, où toutes les maisons sont en torchis, il n'est pas d'autre moyen de garder sa maison propre !


Ces femmes ne parlaient pas le farsi, et notre guide ne parlait pas le kurde. Mais leurs sourires valaient toutes les invitations.

Dans un autre village de la même région, un ronde de jeunes gens sur le trottoir ...

Un ancien s'est joint aux jeunes gens, qui commande les figures. Les billets volent, aussitôt ramassés par les gamins qui les recueillent dans un sac en plastique. Autant d'argent pour les mariés car c'est bien d'un mariage qu'il s'agit. Pendant que les amis du mariés dansent inlassablement et collectent des fonds, à l'intérieur le mariage se prépare. On nous apporte du thé, on nous invite à participer au dîner. J'aurais bien voulu voir la mariée, comme on me le proposait, mais pas de chance, elle vient juste de partir chez le coiffeur. Dommage !