Une farce policière qui ne m'a pas vraiment passionnée. Dommage parce qu'il n'y a pas beaucoup de films en provenance du Paraguay et que c'était l'occasion de découvrir un nouveau cinéaste, Jorge Bedoya, dont certain voudraient faire le Tarantino du Paraguay.
Mais à trop vouloir en faire, on finit par tout rater et je souscris pour ma part au commentaire du critique Pablo Suarez du Buenos Aires Herald :
"Luna de cigarras
tiene la intención de ser varias cosas a la vez, y falla en todos los
aspectos. Quiere ser una comedia negra mezclada con una película mafiosa
con restos de comedia de situación, con personajes extravagantes en
situaciones fuera de lo común. Los personajes no son ni siquiera
esbozados y los actores sobreactúan todo el tiempo, como si eso fuera a
ayudar a dar contenido a sus papeles... pero algunos apenas pueden
actuar".
27 mars 2016
Ojoloco 2016 : Un Monstre à mille tête
Il ne faut pas attendre de ce film plus que ce qu'il estt : un "thriller social", c'est à dire la brillante démonstration de ce que donne un système médical régi par les intérêts privés (ceux des compagnies d'assurance et de leurs actionnaires) plutôt que par les intérêts des malades.
Au lieu de proposer un documentaire en bonne et due forme, le réalisateur, Rodriguo Pia a eu l'intelligence de traiter ce sujet comme une intrigue à suspens, puisqu'une femme se bat pour que son mari obtienne le traitement qui devrait le sauver ou du moins améliorer son état. C'est une femme déterminée, prête à tout, et une fois son combat lancé, rien ne peut l'en détourner. L'escalade de la violence paraît dès lors inévitable, mais aussi choquante qu'elle puisse paraître, elle ne fait que répondre à la violence exercée sur les patients par ceux qui se chargent, sans remords ni scrupules, d'atteindre les objectifs fixés par la compagnie d'assurance.
Bien que d'une facture très classique, Un Monstre à mille tête est un film qui fait froid dans le dos.
Au lieu de proposer un documentaire en bonne et due forme, le réalisateur, Rodriguo Pia a eu l'intelligence de traiter ce sujet comme une intrigue à suspens, puisqu'une femme se bat pour que son mari obtienne le traitement qui devrait le sauver ou du moins améliorer son état. C'est une femme déterminée, prête à tout, et une fois son combat lancé, rien ne peut l'en détourner. L'escalade de la violence paraît dès lors inévitable, mais aussi choquante qu'elle puisse paraître, elle ne fait que répondre à la violence exercée sur les patients par ceux qui se chargent, sans remords ni scrupules, d'atteindre les objectifs fixés par la compagnie d'assurance.
Bien que d'une facture très classique, Un Monstre à mille tête est un film qui fait froid dans le dos.
26 mars 2016
Ojoloco 2016 : Montanha
J'aurais peut-être plus apprécié le film si un présentateur érudit n'avait passé 15 minutes à le gâcher en livrant, AVANT la projection, son analyse à un auditoire captif. Comment par la suite regarder le film avec un oeil neuf ? Je revendique le droit de ne pas lire les critiques AVANT le film, d'apprécier un film, comme un livre d'ailleurs, par moi-même, quitte à ne pas voir toutes les références aux 400 coups de Truffaut, que ce monsieur a vu dans le film de Joao Salaviza.
Du coup je n'ai vu qu'un film de plus sur le difficile passage de l'enfance à l'âge adulte, passage précipité ici par la mort proche d'un grand-père très aimé. L'éveil de la sexualité, la tentation de la délinquance, le désarroi devant l'irresponsabilité des adultes, le besoin de tendresse malgré tout. Tout cela était fort bien vu et filmé, mais avec un petit air de "déjà vu".
Dommage
Du coup je n'ai vu qu'un film de plus sur le difficile passage de l'enfance à l'âge adulte, passage précipité ici par la mort proche d'un grand-père très aimé. L'éveil de la sexualité, la tentation de la délinquance, le désarroi devant l'irresponsabilité des adultes, le besoin de tendresse malgré tout. Tout cela était fort bien vu et filmé, mais avec un petit air de "déjà vu".
Dommage
Ojoloco 2016 : Amama
Amama, le film du réalisateur basque Asier Altuna est une chronique familiale et sociale, qui oscille entre réalisme et onirisme.
Il s'agit de montrer, à travers l'histoire d'une famille, la disparition prévisible du monde rural. Un monde dont le réalisateur a sans doute la nostalgie et que sa photographie magnifie, avec un soin tout particulier apporté aux travaux des saisons et des jours.
Mais on peut garder en mémoire la beauté des paysages et celles des gestes sans pour autant approuver la rigidité de ceux qui voudraient que rien, jamais, ne change, et campent sur leurs traditions sans voir qu'autour d'eux le monde a déjà changé.
C'est le cas de Tomás, le père de famille, un homme dur à la peine, enfermé dans son silence, qui s'apprête à transmettre la ferme au fils aîné comme cela s'est toujours fait, de génération en génération. Mais la chaîne est rompue quand Gaizka refuse. Le cadet, jugé incapable, s'éloigne aussi. Ne reste à la ferme que la benjamine, la fille rebelle, Amaia, dont le destin s'inscrit plutôt dans les galeries d'art. L'écart ne saurait être plus grand et la confrontation devient inévitablement violente.
Amaia remet ainsi en question l'autoritarisme du père, la soumission de la mère, l'absence de communication mais aussi l'idée d'une vie centrée exclusivement autour du travail.
On ne peut lui donner tort !
Il s'agit de montrer, à travers l'histoire d'une famille, la disparition prévisible du monde rural. Un monde dont le réalisateur a sans doute la nostalgie et que sa photographie magnifie, avec un soin tout particulier apporté aux travaux des saisons et des jours.
Mais on peut garder en mémoire la beauté des paysages et celles des gestes sans pour autant approuver la rigidité de ceux qui voudraient que rien, jamais, ne change, et campent sur leurs traditions sans voir qu'autour d'eux le monde a déjà changé.
C'est le cas de Tomás, le père de famille, un homme dur à la peine, enfermé dans son silence, qui s'apprête à transmettre la ferme au fils aîné comme cela s'est toujours fait, de génération en génération. Mais la chaîne est rompue quand Gaizka refuse. Le cadet, jugé incapable, s'éloigne aussi. Ne reste à la ferme que la benjamine, la fille rebelle, Amaia, dont le destin s'inscrit plutôt dans les galeries d'art. L'écart ne saurait être plus grand et la confrontation devient inévitablement violente.
Amaia remet ainsi en question l'autoritarisme du père, la soumission de la mère, l'absence de communication mais aussi l'idée d'une vie centrée exclusivement autour du travail.
On ne peut lui donner tort !
25 mars 2016
Ojoloco 2016 : El Acompanante
Pavel Giroud, le réalisateur du film présent dans la salle, à qui on demandait quelle était actuellement la situation du cinéma cubain, parlait d'un "grand potentiel", faisant référence à tous les jeunes cinéastes porteurs de projets intéressants, mais totalement dépourvus de moyens et ne bénéficiant d'aucune structure à Cuba même. Il faut pour cela aller chercher ailleurs, en Colombie, au Venezuela, en France .... ce qu'est parvenu à faire Pavel Giroud au bout de 6 ans !
Monter un film demande toujours patience et obstination; à Cuba peut-être plus encore.
El Acompanante est un film passionnant, sans doute mon préféré parmi les films que j'ai déjà vus.
Pourquoi ? La réponse est simple : un sujet fort, des personnages attachants, des dialogues percutants, une mise en scène efficace....
L'accompagnateur est un champion de boxe déchu pour s'être dopé. C'est un taiseux, tout en muscles et plein de préjugés vis à vis de celui qu'il doit accompagner : un jeune homme porteur du virus du sida, hospitalisé dans un centre de rétention d'où il n'a droit de sortir qu'une fois par semaine, à condition d'être "accompagné", étant bien entendu que l'accompagnant remplira un rapport sur les faits et gestes de son "protégé".
Le cadre une fois posée, le film peut commencer. Plus que des grandes scènes dramatiques, c'est une accumulation de petits gestes, de regards échangés, de mots prononcés qui font comprendre ce qui se passe entre les deux personnages principaux, Daniel et son accompagnateur, Horacio Romero.
Daniel est du genre rebelle, toujours à se moquer, à enfreindre les règles et à se faire la belle. Horacio est plus réservé, mais on sent que son énergie n'est que contenue, pas vraiment domptée.
A travers ces deux personnages, le spectateur n'a pas de mal à comprendre les enjeux de la vie cubaine, la pesanteur des institutions, la répression sous couvert de soins. Mais comme le suggérait prudemment le réalisateur lui-même lors de la discussion, l'absence de liberté peut-être considérée comme le prix à payer pour être soigné et ... éviter la propagation du virus. Toutefois, il ne semble pas qu'on ait véritablement donné le choix à Daniel; il n'a pas de son propre gré, abdiqué sa liberté pour bénéficier d'un traitement.
El Acompanante est un film très riche, qui mérite réflexion et discussion. Il serait dommage de n'en faire qu'un film cubain de plus, un film qui nous montre de l'intérieur ce à quoi correspond le régime imposé par les frères Castro depuis 1959. Car, sans être aucunement dogmatique ou même seulement didactique, le film soulève des problème qui sont aussi ceux de nos sociétés dites démocratiques.
Le festival Ojoloco a peut-être d'autres bons films à me réserver mais pour le moment El Acompanante est mon préféré.
Monter un film demande toujours patience et obstination; à Cuba peut-être plus encore.
El Acompanante est un film passionnant, sans doute mon préféré parmi les films que j'ai déjà vus.
Pourquoi ? La réponse est simple : un sujet fort, des personnages attachants, des dialogues percutants, une mise en scène efficace....
L'accompagnateur est un champion de boxe déchu pour s'être dopé. C'est un taiseux, tout en muscles et plein de préjugés vis à vis de celui qu'il doit accompagner : un jeune homme porteur du virus du sida, hospitalisé dans un centre de rétention d'où il n'a droit de sortir qu'une fois par semaine, à condition d'être "accompagné", étant bien entendu que l'accompagnant remplira un rapport sur les faits et gestes de son "protégé".
Le cadre une fois posée, le film peut commencer. Plus que des grandes scènes dramatiques, c'est une accumulation de petits gestes, de regards échangés, de mots prononcés qui font comprendre ce qui se passe entre les deux personnages principaux, Daniel et son accompagnateur, Horacio Romero.
Daniel est du genre rebelle, toujours à se moquer, à enfreindre les règles et à se faire la belle. Horacio est plus réservé, mais on sent que son énergie n'est que contenue, pas vraiment domptée.
A travers ces deux personnages, le spectateur n'a pas de mal à comprendre les enjeux de la vie cubaine, la pesanteur des institutions, la répression sous couvert de soins. Mais comme le suggérait prudemment le réalisateur lui-même lors de la discussion, l'absence de liberté peut-être considérée comme le prix à payer pour être soigné et ... éviter la propagation du virus. Toutefois, il ne semble pas qu'on ait véritablement donné le choix à Daniel; il n'a pas de son propre gré, abdiqué sa liberté pour bénéficier d'un traitement.
El Acompanante est un film très riche, qui mérite réflexion et discussion. Il serait dommage de n'en faire qu'un film cubain de plus, un film qui nous montre de l'intérieur ce à quoi correspond le régime imposé par les frères Castro depuis 1959. Car, sans être aucunement dogmatique ou même seulement didactique, le film soulève des problème qui sont aussi ceux de nos sociétés dites démocratiques.
Le festival Ojoloco a peut-être d'autres bons films à me réserver mais pour le moment El Acompanante est mon préféré.
Printemps rose
24 mars 2016
Ojoloco 2016 : La Obra del Siglo
A côté des films de fiction, le festival Ojoloco présente aussi des documentaires. Celui-ci tient des deux genres puisqu'il alterne des séquences en couleur - le côté documentaire - avec des séquences en noir et blanc ou plutôt en gris - le côté fiction. On a un peu de mal à s'y faire au début mais l'ensemble est suffisamment étrange pour éveiller la curiosité d'abord et finalement l'intérêt du spectateur. En tout cas, la mienne.
Les images en couleurs, format carré, sont des images de propagande qui datent vraisemblablement de la période de construction de la centrale nucléaire de Juragua que Cuba avait commencé de construire dans les années 80 avec l'aide de l'Union Soviétique. A la chute du mur, le projet a été interrompu puis définitivement arrêté en 2000. Le chantier est donc resté en l'état, c'est à dire à ciel ouvert, soumis aux intempéries, et aux dégradations, tout comme la cité "nucléaire" construite à proximité pour loger ouvriers, techniciens et ingénieurs.
C'est dans ce lieu à l'abandon que Carlos Machado Quintela met en scène trois personnages, le fils qui vient de connaître un échec sentimental, le père qui porte en lui le regret du projet inachevé, le grand-père, aussi bougon que tyrannique qui ne s'intéresse qu'au poisson de son aquarium. Trois hommes désoeuvrés et dépressifs qui tournent en rond dans une cité qui n'en est plus une, trois génération de cubains revenus de toutes leurs illusions et désormais sans avenir. Cruel constat que le réalisateur souligne par le recours à une image grise, brouillée, limite floue qui contraste avec les couleurs saturées des images de propagande.
La Obra del siglo est un film qui n'entre dans aucune catégorie reconnue et qui peine sans doute à faire son chemin en dehors des festivals (Toulouse, Rotterdam etc. ) C'est dommage car c'est un film inventif - parfois jusqu'à frôler le surréalisme - mais surtout exigeant, sur un pan de l'histoire cubaine qui fait froid dans le dos.
Tchernobyl est mentionné plusieurs fois et certaines images du film sont très suggestives. Il s'agit en réalité d'une simple fumigation anti moustiques mais libre au spectateur d'associer cette image à des désastres d'une autre nature.
Bien que surprise au début, j'ai finalement beaucoup apprécié ce film. Qui m'a, par moments, rappelé un autre film aussi étrange et aussi convaincant à propos de la folie d'une époque : Atomic cafe qui date de 1982, le début de la construction de la centrale de Juragua).
Les images en couleurs, format carré, sont des images de propagande qui datent vraisemblablement de la période de construction de la centrale nucléaire de Juragua que Cuba avait commencé de construire dans les années 80 avec l'aide de l'Union Soviétique. A la chute du mur, le projet a été interrompu puis définitivement arrêté en 2000. Le chantier est donc resté en l'état, c'est à dire à ciel ouvert, soumis aux intempéries, et aux dégradations, tout comme la cité "nucléaire" construite à proximité pour loger ouvriers, techniciens et ingénieurs.
C'est dans ce lieu à l'abandon que Carlos Machado Quintela met en scène trois personnages, le fils qui vient de connaître un échec sentimental, le père qui porte en lui le regret du projet inachevé, le grand-père, aussi bougon que tyrannique qui ne s'intéresse qu'au poisson de son aquarium. Trois hommes désoeuvrés et dépressifs qui tournent en rond dans une cité qui n'en est plus une, trois génération de cubains revenus de toutes leurs illusions et désormais sans avenir. Cruel constat que le réalisateur souligne par le recours à une image grise, brouillée, limite floue qui contraste avec les couleurs saturées des images de propagande.
La Obra del siglo est un film qui n'entre dans aucune catégorie reconnue et qui peine sans doute à faire son chemin en dehors des festivals (Toulouse, Rotterdam etc. ) C'est dommage car c'est un film inventif - parfois jusqu'à frôler le surréalisme - mais surtout exigeant, sur un pan de l'histoire cubaine qui fait froid dans le dos.
Tchernobyl est mentionné plusieurs fois et certaines images du film sont très suggestives. Il s'agit en réalité d'une simple fumigation anti moustiques mais libre au spectateur d'associer cette image à des désastres d'une autre nature.
Bien que surprise au début, j'ai finalement beaucoup apprécié ce film. Qui m'a, par moments, rappelé un autre film aussi étrange et aussi convaincant à propos de la folie d'une époque : Atomic cafe qui date de 1982, le début de la construction de la centrale de Juragua).
23 mars 2016
Ojoloco 2016 : Boi Bon
Un film déconcertant, c'est le moins qu'on puisse dire ! Un film sans véritable intrigue, conçu plutôt comme une chronique qui permet au spectateur de découvrir un milieu qu'il n'aurait sans doute jamais l'occasion de connaître ; celui des "vaqueros" brésiliens.
Parfois le film ressemble à un documentaire sur ces rodéos qui n'existent apparemment qu'au Brésil où deux hommes à cheval coincent un taureau et doivent tirer sur sa queue pour parvenir à le renverser. Iremar ne fait pas partie des cavaliers, mais des vachers chargés de préparer les taureaux. Il vit dans le camion qui transporte les bêtes et le campement hâtivement dressé au gré des déplacements. Autour de lui, sans que les liens soient bien définis, Zé, qui s'occupe lui aussi des bêtes, Galega qui conduit le camion et occasionnellement danse dans des cabarets. Elle a une fille, dont Iremar n'est pas le père. Une tribu plus qu'une famille.
Parfois le film ressemble à un documentaire sur ces rodéos qui n'existent apparemment qu'au Brésil où deux hommes à cheval coincent un taureau et doivent tirer sur sa queue pour parvenir à le renverser. Iremar ne fait pas partie des cavaliers, mais des vachers chargés de préparer les taureaux. Il vit dans le camion qui transporte les bêtes et le campement hâtivement dressé au gré des déplacements. Autour de lui, sans que les liens soient bien définis, Zé, qui s'occupe lui aussi des bêtes, Galega qui conduit le camion et occasionnellement danse dans des cabarets. Elle a une fille, dont Iremar n'est pas le père. Une tribu plus qu'une famille.
La précarité de leurs conditions de vie mais aussi de leurs relations constitue le premier point d''interrogation du spectateur européen peu familier avec ce mode de vie. Mais à vrai dire il n'est pas évident de comprendre les intentions du cinéaste parce que le film oscille sans cesse entre réalisme, parfois très cru (je pense à la collecte de sperme d'étalon !) et poésie. Certaines scènes sont visuellement très belles, d'autres très quelconques. Parfois c'est le travail de la lumière qui, à elle seule, modifie l'atmosphère d'une scène.
Gabriel Mascaro, le réalisateur se plaît en tout cas à mêler les contraires, à jouer de l'ombre et de la lumière, comme il associe dans les personnages rêve et réalité : Iremar passe beaucoup de temps à sabler la queue des taureaux et à ramasser leur bouse mais cela ne l'empêche pas de dessiner des costumes et de se rêver couturier.
Un film déconcertant, c'est certain, mais que l'on regarde jusqu'au bout, intrigué.
Il y avait au programme du festival un autre film du même réalisateur : Ventos de Agosto, mais comme la plupart des films ne passent qu'une fois... je l'ai manqué. Dommage.
Ojoloco 2016 : Dieu, ma mère et moi
Après deux films un peu "lourds", le film de Federico Veiroj paraît nettement plus léger. Et c'est tant mieux !
Dieu, ma mère et moi est en effet un film du genre "foutraque" comme son titre le laisse entendre.
Un peu de tout et beaucoup de désordre. Au centre, un jeune homme, dont la vie part dans tous les sens parce qu'il a la fâcheuse habitude de tout commencer et de ne rien finir comme le lui reproche d'ailleurs sa cousine ben-aimée. Il s'est mis dans la tête que tout irait mieux pour lui s'il parvenait à faire officiellement acte d'apostasie et à faire barrer son nom des registres de baptême.
Ni héros, ni anti-héros, Gonzalo Tamayo est juste un jeune homme nonchalant, probablement velléitaire, sans talent mais pas sans charme et finalement attachant. Sa ligne de vie est sinueuse, tout en hésitations, en pas de côté, en retours en arrière.
Dans un pays où la sclérose des institutions va de pair avec la rigidité des esprits, la tentative de Gonzalo est finalement assez réjouissante. Etre soi-même et non pas celui que la société voudrait que l'on soit....
Alvaro Ogalla, qui tient le rôle du futur apostat, n'est pas un acteur professionnel, mais il n'en est que plus juste. De toute façon, le fil de l'intrigue est suffisamment lâche pour faire de ce film une agréable chronique : un moment dans la vie d'un homme.
Dieu, ma mère et moi est en effet un film du genre "foutraque" comme son titre le laisse entendre.
Un peu de tout et beaucoup de désordre. Au centre, un jeune homme, dont la vie part dans tous les sens parce qu'il a la fâcheuse habitude de tout commencer et de ne rien finir comme le lui reproche d'ailleurs sa cousine ben-aimée. Il s'est mis dans la tête que tout irait mieux pour lui s'il parvenait à faire officiellement acte d'apostasie et à faire barrer son nom des registres de baptême.
Ni héros, ni anti-héros, Gonzalo Tamayo est juste un jeune homme nonchalant, probablement velléitaire, sans talent mais pas sans charme et finalement attachant. Sa ligne de vie est sinueuse, tout en hésitations, en pas de côté, en retours en arrière.
Dans un pays où la sclérose des institutions va de pair avec la rigidité des esprits, la tentative de Gonzalo est finalement assez réjouissante. Etre soi-même et non pas celui que la société voudrait que l'on soit....
Alvaro Ogalla, qui tient le rôle du futur apostat, n'est pas un acteur professionnel, mais il n'en est que plus juste. De toute façon, le fil de l'intrigue est suffisamment lâche pour faire de ce film une agréable chronique : un moment dans la vie d'un homme.
22 mars 2016
Ojoloco 2016 : Desde alla
Desde alla ou Les Amants de Caracas ? Au titre français un brin racoleur, je préfère de loin le titre espagnol, plus vague et qui laisse plus de place à l'imagination.
Toujours est-il que le film de Lorenzo Vigas, laisse comme une impression de malaise. Parce que, ce qu'il met en scène, c'est la perversité d'un homme, capable de manipuler un jeune voyou pour parvenir à ses fins et en éliminer un troisième.
Le film est habilement construit, l'effet de surprise ménagé jusqu'au dénouement, les personnages bien campés, mais ce qui met mal à l'aise - et c'est sans doute voulu par le cinéaste - c'est la façon dont Armando, qui a toutes les apparences d'un bourgeois à vrai dire assez falot, manipule le jeune Elder et établit avec lui une relation faussée dès le départ, où l'argent joue un rôle aussi important que les sentiments. Ou l'apparence des sentiments.
Lorenzo Vigas Castes a incontestablement réalisé un bon film, mais autour d'un personnage si détestable qu'il est presque difficile d'aimer le film.
Toujours est-il que le film de Lorenzo Vigas, laisse comme une impression de malaise. Parce que, ce qu'il met en scène, c'est la perversité d'un homme, capable de manipuler un jeune voyou pour parvenir à ses fins et en éliminer un troisième.
Le film est habilement construit, l'effet de surprise ménagé jusqu'au dénouement, les personnages bien campés, mais ce qui met mal à l'aise - et c'est sans doute voulu par le cinéaste - c'est la façon dont Armando, qui a toutes les apparences d'un bourgeois à vrai dire assez falot, manipule le jeune Elder et établit avec lui une relation faussée dès le départ, où l'argent joue un rôle aussi important que les sentiments. Ou l'apparence des sentiments.
Lorenzo Vigas Castes a incontestablement réalisé un bon film, mais autour d'un personnage si détestable qu'il est presque difficile d'aimer le film.
Ojoloco 2016 : Aurora
Certains réalisateurs ne manquent pas d'audace et il en fallait à Rodrigo Sepúlveda pour choisir son sujet. Une femme en manque d'enfant découvre par un article de journal qu'un cadavre d'enfant a été trouvé au milieu des immondices d'une déchetterie. Elle n'aura de cesse d'obtenir que cette enfant, qu'elle a prénommé Aurora pour lui donner une existence, soit enterrée comme un être humain au lieu d'être éliminée comme une ordure. Comme habitée par la mission qu'elle s'est crée, Sofia poursuit ses démarches avec une ténacité que rien ne rebute, ni les atermoiements de la justice, ni la crudité des explications du médecin légiste. Un très beau personnage de femme.
Bien qu'inspiré de faits réels, le sujet n'était pas facile à traiter, mais Rodrigo Sepúlveda parvient à éviter tous les écueils, aussi bien le pathos larmoyant que le voyeurisme. Il est vrai qu'il est aidé par l' jeu de l'actrice principale, Amparo Noguera, qui porte ce beau rôle avec retenue et simplicité.
Agréablement séduit par la qualité du film, on reste néanmoins troublé par le sujet et ses implications religieuses, philosophiques, sociales ou tout simplement morales, bien que le cinéaste chilien ne se pose en aucun cas en donneur de leçons.
21 mars 2016
Ojoloco 2016 : Fausta
Le film est étrange certes, mais pas inintéressant.
C'est un film que l'on peut aborder sous l'angle de la psychologie voire de la psychanalyse puisqu'il s'agit de la transmission d'un traumatisme initial de mère en fille : hantée par la peur du viol, Fausta peine à trouver sa place dans la société. L'intensité de son regard plus que les mots lui permettent d'exprimer ses peurs, ses angoisses, ses attentes. Le jeu de la comédienne est à ce point tout à fait fascinant.
Mais au delà-du personnage de Fausta c'est tout un pan de la société péruvienne que la réalisatrice, Claudia Llosa s'efforce de mettre en scène : il y est questions de mariage et d'enterrement; il y est aussi question de rapport de soumission entre une femme riche et blanche qui "achète" les chansons de Fausta. C'est le côté ethnologique du film, qui semble parfois un peu trop ambitieux pour être tout à fait cohérent. Mais un film doit-il être toujours cohérent ? La multiplicité des thèmes abordés dans Fausta en fait aussi sa richesse.
Ojoloco 2016 : L'année où mes parents sont partis en vacances
Premier film vu dans la sélection de cette année. Un bon départ car le film est plutôt réussi bien que le sujet ait déjà été souvent traité dans le cinéma d'Amérique latine : dictatures obligent.Que font de leurs enfants les parents qui militent contre un régime politique quand ils sentent la menace peser sur eux de façon imminente ? Comment les enfants vivent-ils cette suspension brutale et provisoire, mais parfois définitive, de leur repères habituels ?
Les parents de Mauro le déposent au pied de l'immeuble du grand-père; celui-ci a été prévenu par téléphone mais il n'est pas là pour accueillir l'enfant. C'est un voisin, âgé et pas particulièrement aimable qui se retrouve avec la charge de l'enfant.
Chagrin, mauvaise humeur, angoisses, révolte... le film joue, de façon assez juste, sur toute la gamme des sentiments. C'est le temps de l'apprivoisement entre l'enfant et le viellard, entre deux êtres dont la vie vient d'être bouleversée. Le risque du mélo n'est pas loin mais le réalisateur, Cao Hamburger l'évite habilement en situant son film en 1970, l'année de la coupe du monde de football, une passion à laquelle nul n'échappe au Brésil quel que soient les circonstances. Ou le milieu ! Parce que c'est la deuxième "astuce" du film, le vieil homme appartient à une communauté juive, respectueuse des traditions. Ce qui ajoute au film un pittoresque quasi documentaire assez inattendu.
Un film plutôt réussi donc parce que très habile.
20 mars 2016
The professionals
Un bon vieux western comme je les aime ! Classique, avec un petit quelque chose en plus .
Quatre mercenaires, chacun un expert dans sa spécialité, ont été engagés par un riche Texan pour retrouver sa femme, enlevée par des révolutionnaires mexicains. Et les voilà partis, sur la promesse d'une belle somme d'argent, de l'autre côté de la frontière.
Mais entre les promesses et la réalité, l'écart est parfois considérable et il faut bien qu'il y ait un retournement de situation, (dont je ne dirai rien), pour que le suspense tienne jusqu'au bout. En attendant le dénouement, on est parti pour de belles chevauchées, des paysages sauvages, des explosions spectaculaires, de l'alcool, une histoire d'amour torride, des trahisons, et même un peu de politique à propos de l'interventionnisme américain.
Les acteurs ? Les meilleurs pour la situation : Burt Lancaster, Lee Marvin, Robert Ryan et Woody Strode pour les mercenaires - je me demande pourquoi le dernier n'a pas son nom sur l'affiche... Couleur de peau peut-être ? Jack Palance et Ralph Bellamy sont les deux vilains. Et le rôle de Maria est tenu par .... Claudia Cardinale, plus pulpeuse que jamais ! Tiens, elle non plus n'a pas son nom sur l'affiche !
Le film de Richard Book date de 1966. Bien que son affiche suive les normes des studios et sans doute la notoriété des acteurs plutôt que celles du politiquement correct, il n'a pas pris une ride. Un régal pour tous les amateurs du genre.
19 mars 2016
Belgica
Un dernier film avant de se lancer dans le grand festival de cinéma sud-américain Ojoloco ?
Belgica est ce genre de petit film bizarre et attachant qui raconte des histoires de "vrais gens", mais de gens qui ne sont pas inscrits sur une trajectoire de réussite classique. Peut-être même pas sur une trajectoire du tout car ils construisent leur vie par petits bouts avec des tas de bifurcations, de contournements, des vies qui souvent ne les mènent que dans une impasse. Des loosers ? des paumés ? non, même pas. Juste des gens ordinaires dont la vie n'est pas tout à fait ordinaire.
Jo, aidé de son frère Frank vient d'ouvrir un bar, un bar où l'on boit de la bière, on écoute de la musique et on parle à ses voisins. Un bar chaleureux. Comme l'affaire marche bien, sous l'impulsion de Frank, et avec l'aide de quelques amis, le local est agrandi et le bar chaleureux devient du jour au lendemain un bar branché où les jeunes affluent jusque tard dans la nuit. Mais c'est à ce moment là aussi que les choses commencent à déraper.
Belgica est un film tonique, qui déborde d'énergie. Un film cyclothymique aussi puisque les moments de grand enthousiasme alternent avec des passages plus dépressifs. La musique à fond les oreilles, on boit, on rit, on sniffe une ligne de cocke, on s'engueule, on se bat... Tout semble vécu et filmé intensément. Rien de tiède. Pas de demi-mesure. Surtout pas dans la relation entre les deux frères, une relation qui glisse si facilement de l'amour à la haine, de la solidarité à la méfiance.
Le précédent film de Felix Van Groenigen, Alabama Monroe (que j'avais beaucoup aimé) montrait déjà cette capacité à vivre sa vie à 100 à l'heure, quitte à aller droit dans le fossé. Une certaine rage de vivre, qui sur l'écran du moins, fait paraître bien terne et bien ordinaires nos propres vies.
Belgica est ce genre de petit film bizarre et attachant qui raconte des histoires de "vrais gens", mais de gens qui ne sont pas inscrits sur une trajectoire de réussite classique. Peut-être même pas sur une trajectoire du tout car ils construisent leur vie par petits bouts avec des tas de bifurcations, de contournements, des vies qui souvent ne les mènent que dans une impasse. Des loosers ? des paumés ? non, même pas. Juste des gens ordinaires dont la vie n'est pas tout à fait ordinaire.
Jo, aidé de son frère Frank vient d'ouvrir un bar, un bar où l'on boit de la bière, on écoute de la musique et on parle à ses voisins. Un bar chaleureux. Comme l'affaire marche bien, sous l'impulsion de Frank, et avec l'aide de quelques amis, le local est agrandi et le bar chaleureux devient du jour au lendemain un bar branché où les jeunes affluent jusque tard dans la nuit. Mais c'est à ce moment là aussi que les choses commencent à déraper.
Belgica est un film tonique, qui déborde d'énergie. Un film cyclothymique aussi puisque les moments de grand enthousiasme alternent avec des passages plus dépressifs. La musique à fond les oreilles, on boit, on rit, on sniffe une ligne de cocke, on s'engueule, on se bat... Tout semble vécu et filmé intensément. Rien de tiède. Pas de demi-mesure. Surtout pas dans la relation entre les deux frères, une relation qui glisse si facilement de l'amour à la haine, de la solidarité à la méfiance.
Le précédent film de Felix Van Groenigen, Alabama Monroe (que j'avais beaucoup aimé) montrait déjà cette capacité à vivre sa vie à 100 à l'heure, quitte à aller droit dans le fossé. Une certaine rage de vivre, qui sur l'écran du moins, fait paraître bien terne et bien ordinaires nos propres vies.
Inscription à :
Articles (Atom)













