Nulle part où revenir est un premier roman qui s'inscrit directement dans la tradition du "rural noir" : un polar glauque et poisseux situé dans une contrée perdue du Sud des Etats-Unis, avec pour principal décor des marais insalubres qui grouillent de serpents. (Définitivement pas un roman pour les ophiophobes!)
On connaît les ingrédients du genre, population noire pauvre, et petits blancs tout aussi pauvres, nature quasiment rendue à l'état sauvage, malgré quelques champs de tabac (ou de chanvre?), habitat délabré, drogue, alcool, sexe, violence, et bien sûr, un passé qui ne passe pas et la culpabilité qui va avec. Après, tout est question d'écriture (ou de traduction?) et surtout de dosage. Or pour se faire remarquer un écrivain à son premier roman n'a d'autre choix que d'aller dans la surenchère.
Malgré ses efforts pour créer un personnage presque attachant - un adjoint du shérif honnête mais velléitaire parce qu'il a lui-même un passé douteux à se reprocher - Henry Wise abuse un peu trop des ficelles du genre et son roman traîne parfois en longueur sans pour autant gagner en profondeur. Dommage.














